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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:39

lire-a-rome.jpgAujourd'hui je vais vous parler de Lire à Rome de Catherine Salles.

 

présentation de l'éditeur : Dans la société romaine du Ier siècle de notre ère, le livre connaît une sorte d'apogée et l'écrivain joue un rôle important. Quelle fut alors l'influence du pouvoir politique et de l'opinion publique sur l'inspiration littéraire ? Comment les oeuvres étaient-elles diffusées ? Quelle place était accordée à la culture traditionnelle ? Un essai de référence, qui permet notamment de mieux comprendre comment une littérature "populaire" s'est constituée dans l'Antiquité, destinée aux lecteurs appartenant aux classes les moins cultivées.

 

Catherine Salles est maître de conférence en civilisation et littérature latines à l'université de Paris X-Nanterre. Elle est l'auteur de nombreux livres, dont La Mythologie grecque et romaine et, aux Éditions Payots, les Bas-fonds de l'Antiquité.

 

C'est un ouvrage qui traînait depuis un certain temps dans ma bibliothèque. Son contenu est différent de ce à quoi je m'attendais. J'espérais en apprendre davantage sur la pratique de la lecture et sur le lecteur romain, alors qu'en fait c'est un livre qui porte plutôt sur la production littéraire au premier siècle de notre ère.

 

La première partie traite de l'écrivain, on a une longue présentation des différentes classes sociales auquel il pouvait appartenir. L'auteur va insister sur l'écart qui existe selon la classe auquel un auteur appartient et sur la dégradation qui va avoir lieu après Mécène. Il y est aussi question des persécutions et de la censure sous les différents empereurs et de l'évolution du statut de l'écrivain.

La seconde partie porte sur le livre, et plus exactement sur la diffusion d'un ouvrage et les différentes manières qui s'offraient à un auteur pour faire connaître son oeuvre. L'auteur s'intéresse à la recitatio, aux cercles et concours littéraires, aux libraires et aux bibliothèques. C'est certainement la partie de l'ouvrage que j'ai préférée.

La dernière partie s'intéresse au public, à son niveau d'éducation et à son rapport à la culture.

 

L'auteur a choisi de se concentrer sur le 1er siècle de notre ère, ce qui m'a un peu déçue, car j'aurais aimé en apprendre davantage sur la situation des auteurs sous César et Auguste, et surtout j'avais besoin d'informations sur le cercle de Mécène... L'ouvrage est cependant intéressant, car il permet de voir une autre vision de l'écrivain que celle donnée par les lettres de Pline. La réflexion de l'auteur vise essentiellement à démontrer que l'absence d'un statut propre à l'écrivain a entraîné une dégénérescence de la littérature latine, parce que la plupart des auteurs ne disposaient pas de la liberté matérielle nécessaire à l'existence d'une création indépendante et originale.

 

Un livre intéressant et bien documenté, qui plaira à ceux qui sont intéressés par l'Empire, mais qui nécessite tout de même une certaine connaissance de l'antiquité romaine, car ce n'est pas un ouvrage de vulgarisation, il s'adresse à un public qui a déjà des connaissances sur Martial ou Pline le jeune.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 17:48

thermae-romae-2-casterman.jpgAujourd'hui je vais vous parler du second tome de Thermae Romae dans le cadre du challenge Sur les Pages du Japon, dont le thème pour avril est les auteurs invités au salon du livre 2012.

Pour l'histoire de départ, je vous renvoie à mon billet sur le tome 1.

 

Dans ce second tome, Lucius broie du noir une fois de plus car sa femme a demandé le divorce, mais ça ne va pas être là son seul sujet d'inquiétudes, car la santé de l'empereur Hadrien qu'il admire décline et son successeur n'a rien de prometteur.

 

Dans ce second tome, l'histoire ne s'essouffle toujours pas, Lucius rencontre de nouveaux problèmes, certains liés à sa popularité croissante, d'autres à la santé de l'empereur. L'intrigue s'est d'ailleurs déportée sur la succession de l'empereur et les problèmes liés au peu de popularité de Commode. Certains enjeux prennent une valeur politique : construire un édifice public pour obtenir l'appui populaire.

 

Cette fois-ci, Lucius(et le lecteur) découvre les rituels de fertilité japonais, les panneaux expliquant les règles des thermes, les bassins à crocodile, les toboggans et les cartes de fidélité. Ses découvertes sont moins spectaculaires que dans le précédent tome, mais ont le mérite de nous entraîner plus dans les problèmes du quotidien, comme la survie des thermes privés face à la concurrence ou de la manière de maintenir le calme au sein des thermes.

 

J'admets avoir trouvé l'épisode des germains un peu naïf, mais sinon, pour le reste, c'était assez satisfaisant. Ce tome est aussi instructif que le précédent, les cas de conscience de Lucius évoluent et l'on découvre de nouveaux personnages. J'attends le tome 3 avec impatience.

 

challenge-sur-les-pages-du-japon

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 10:41

thermae-romae-1.jpgJe vais attaquer ces dix jours nippons avec un manga qui s'avère presque un coup de coeur : Thermae Romae de Mari Yamazaki.

 

Sous le règne d'Hadrien, Lucius Modestus est un architecte romain dont la carrière est au point mort. Après que son dernier projet ait été rejeté, il se rend aux thermes pour se détendre mais l'agitation qui y règne ne fait que l'accabler davantage. Cherchant la paix sous l'eau, il se retrouve happer par ce qui semble être un conduit d'évacuation et refait surface dans des bains japonais au XXIème siècle, où ébloui par ce qu'il y découvre, il trouve une nouvelle source d'inspiration.

 

Comme certains le savent déjà, je n'aime pas les voyages dans le temps, ce qui fait que la première fois où je suis tombée sur la présentation de ce manga, je ne m'y suis pas intéressée pressentant une histoire abracadabrante avec un humour grossier. Or c'est un manga qui s'avère brillant, car d'un côté, il nous entraîne dans le quotidien d'un romain sous l'empire et de l'autre dans les différents bains existants au Japon à notre époque, car au fil des chapitres, le héros se retrouve à la recherche de nouvelles idées et à chaque fois il se retrouve entraîné chez "les visages plats" où il va sans cesse atterrir dans  un lieu nouveau.

Le premier tome nous fait ainsi découvrir les bains publics, les sources thermales, les salles de bains, les show rooms et les innovations technologiques, et les stations thermales à but médicinales, ce qui a pour moi été très intéressant, car les bains apparaissent souvent dans les mangas mais leur fonctionnement est rarement expliqué. Or, là, par le biais du personnage qui est pris par les personnes qu'il rencontre pour un étranger qui ne connait rien des coutumes japonaises, on obtient des explications et on découvre certaines coutumes comme celle de la consommation d'oeufs cuits dans les eaux mêmes.

 

ThermaeRomae6.jpgUn des points qui a fait que j'ai accroché est la réaction de Lucius face à cette nouvelle civilisation, car il ne réalise pas qu'il voyage dans le temps, et croit être face à une autre civilisation qui pourrait être une rivale du grand empire romain si les deux venaient à se rencontrer. J'adore le fait qu'il reste romain jusqu'au bout et aussi que la barrière de la langue se maintienne, c'est-à-dire qu'il ne se met pas soudain à comprendre le japonais et que quand il se trouve à notre époque, on le voit s'exprimer en latin(j'ai cependant quelques réserves quant à la correction grammaticales de certaines phrases...mais en aucun cas, ce n'est du latin de cuisine).

 

C'est un livre plutôt bien documenté, la première scène dans les thermes donne l'impression d'être sortie tout droit d'une lettre de Sénèque et à chaque fin de chapitre, on a droit soit à des explications de l'auteur sur des points historiques auxquels elle a fait référence, soit à des anecdotes personnelles pour expliquer son amour des bains.

 

Le dessin est aussi très intéressant car le graphisme est assez proche dans les bandes-dessinées européennes sur le sujet de l'Empire romain mais cela se mêle des éléments propres au manga. Le tout donne quelque chose de sérieux et de soigné, avec un caractère réaliste. Je suis assez fan de l'effet que donnent les vingt statues d'Antinoüs à un moment.

 

C'est un manga qui comporte aussi quelques touches d'humour soit au détriment de Lucius soit par le contraste entre les deux mondes. J'ai aimé la rencontre avec les singes.

 

Un bon premier tome, où on ne s'ennuie pas. Je vous donne rendez-vous en avril pour mon avis sur le second.


10-jours-japonais

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 10:36

eschyle-perdant.jpgAujourd'hui je vais vous parler d'un essai : Eschyle ou le grand perdant d'Ismail Kadaré.

 

Présentation de l'éditeur : Écrit et publié en 1985, alors que le pays de l'auteur, l'Albanie, endurait les ultimes années d'un régime de fer, cet essai est d'abord un hymne audacieux à la liberté et à la magnificence de l'art.

Débutant comme une enquête sur la disparition de quelque trois cents tragédies grecques de l'Antiquité, dont la majorité de celles d'Eschyle, ce livre ne se fait pas seulement l'écho de l'angoisse ou de la terreur des écrivains de tous les temps face au rapt et à l'assassinat de leurs oeuvres, mais ouvre sur une réflexion consacrée aux rapports du créateur avec les pouvoirs, avec son époque, avec son peuple et, finalement, avec l'humanité entière.

A cette occasion, il propose une lecture neuve des tragiques grecs et une approche très originale de leurs principaux personnages, comme Prométhée, à la création et au façonnage desquels contribuent, après le dramaturge, les publics successifs que le cours des siècles leur fait rencontrer.

Au terme de cet essai, le lecteur se voit suggérer une théorie nouvelle de la naissance du théâtre tragique, théorie qui vient contredire ou corriger toutes les analyses et interprétations en vigueur depuis quelque deux millénaires.

 

J'ai trouvé ce texte très intéressant, même si j'aurais préféré qu'il y ait une bibliographie avec car certaines références ont suscité ma curiosité. L'auteur se penche sur le cas d'Eschyle, père de la tragédie, et sur le hasard qui a conduit à la conservation de seulement sept de ses tragédies. Ses réflexions sont assez diverses, certaines portent sur ce qu'a pu éprouver Eschyle lors de la création de ses oeuvres, d'autres sur la disparition de ses pièces et du contenu possible de certaines. Il propose aussi une autre explication des tragédies par la comparaison avec les rites albanais et surtout avec le contenu du Coutumier qui est un ensemble de règles orales qui a servi de bases à la justice albanaise pendant des siècles et qui réglait par exemple toutes les questions de réparation en cas de meurtre.

 

Les rapprochements avec les coutumes albanaises apportent un éclairage vraiment intéressant sur le contenu des tragédies, en particulier au niveau des réparations pour un crime mais aussi sur le sujet de l'angoisse de l'inceste et du parricide.

 

Dans les réflexions qui m'ont véritablement frappées, il y a celle sur l'absence de falsification des pièces antiques, qui est un fait que je n'avais pas remarqué jusque-là et qui est véritablement notable si on compare avec ce qui s'est produit au niveau de l'oeuvre de Platon.

 

Il y a seulement un point de détail qui m'a laissée perplexe, c'est au sujet des Sept contre Thèbes qui est présenté comme la seconde pièce de la trilogie des Labdacides, alors que c'est sensé être la troisième selon mon édition, car elle fait suite à un Laïos et à un Oedipe. C'est un cas où l'absence de références critiques à fait défaut, car j'aurais aimé savoir s'il se fondait sur l'état des recherches dans les années 80 ou s'il s'appuyait sur d'autres interprétations critiques.

 

C'est toutefois un ouvrage très intéressant et qui par l'origine de son auteur offre une vision enrichissante de la tragédie grecque.

 

mythologiegrecque

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 14:19

pomponius.jpgAujourd'hui je vais vous parler d'un livre qu'on m'a prêté : Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d'Eduardo Mendoza.

 

Sous l'empereur Auguste, Pomponius Flatus est un philosophe naturaliste qui parcourt l'empire à la recherche d'eaux miraculeuses sensées procurer la sagesse. Malheureusement tout ce que son enquête lui a procuré jusque-là est une terrible diarrhée et de tonitruantes flatulences...

Après quelques péripéties, il arrive dans la petite ville de Nazareth, où Jospeh, le seul charpentier, vient d'être condamné à la crucifixion pour meurtre et son exécution retardée par le fait qu'il faut d'abord lui laisser le temps de confectionner sa propre croix. Pomponius s'intéresse assez peu à cette affaire mais il a besoin d'argent et le petit Jésus lui en promet si celui-ci accepte de l'aider à innocenter son père. C'est ainsi que Pomponius se retrouve à enquêter sur le meurtre du riche Epulon tout en expliquant sa philosophie du monde au petit Jésus.

 

J'ai été vraiment séduite par ce livre qui propose une enquête intéressante et assez drôle, tant parce qu'on y croise toutes sortes de personnages amenés à un grand avenir biblique comme Judas ou Lazare mais qui à ce moment-là ne sont que de purs anonymes, que par le héros, philosophe miteux, harcelé par de terribles troubles intestinaux parce qu'il ne cesse de boire n'importe quelles eaux.

 

Le style est très gai et montre une très bonne maîtrise des références antiques dont l'auteur joue à merveille. Certains personnages s'expriment de façon biblique, tandis que les romains et les grecs utilisent des images épiques en particulier dès qu'il est question de l'Aurore. On trouve aussi toutes sortes de références et clins d'oeil littéraires. L'auteur joue habilement des préjugés antiques et parodie avec brio le style des auteurs naturalistes.

 

C'est une lecture très plaisante avec un style qui vaut le détour. Je vous laisse sur quelques citations savoureuses :

 

"En raison de quoi les Juifs sont toujours en train de se repentir de ce qu'ils ont fait ou de ce qu'ils vont faire, sans que cette attitude les rende moins irréfléchis au moment d'agir, ni plus honnêtes, ni moins contradictoires que le reste des mortels. Ils sont seulement, comparés à d'autres peuples, plus modérés dans leurs moeurs. Ils refusent beaucoup d'aliments, réprouvent l'abus du vin et des substances toxiques, et, si étrange que cela paraisse, sont peu enclins à l'amour socratique, même entre amis."

 

"Jésus me demande ce que c'est qu'une pute et je le lui explique de façon sommaire, car je n'ai jamais cru qu'il convenait de cacher aux enfants des connaissances qu'ils finiront toujours par obtenir de la bouche des esclaves, des marchands, de la soldatesque et autres gens grossiers, ou par leur propre expérience, auquel cas mieux vaut qu'ils soient au courant des tarifs en vigueur."

 

"Je compris que notre fin était arrivée et tentai de me couvrir le visage avec un pan de ma toge pour mourir avec la dignité d'un citoyen romain de première classe, mais je n'y parvins pas, car j'avais les mains attachées dans le dos."

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:15

agamemnon.gifAujourd'hui je vais vous parler de l'Agamemnon d'Eschyle, première partie de l'Orestie, tétralogie représentée en 458, dont il ne nous reste plus que les trois tragédies, puisque le drame satyrique Protée a disparu comme une bonne partie des pièces d'Eschyle.

 

Depuis dix ans, les habitants d'Argos attendent le retour de leur roi et de l'armée qu'il a mené à Troie pour récupérer Hélène. La crainte règne dans les coeurs : si Troie tombe, leurs guerriers réussiront-ils à jouir de leur victoire ou dépasseront-ils la mesure, provoquant ainsi la colère des dieux ? Ou bien, la justice pour des crimes passés finira-t-elle par les rattraper ?

A l'annonce de la victoire sur Troie, l'inquiétude est plus présente que l'espoir, d'autant qu'au coeur du palais, quelqu'un n'a pas oublié le crime d'Agamemnon : le sacrifice de la pure Iphigénie pour apaiser les vents et permettre d'aller récupérer la femme de plus d'un homme.

 

A l'occasion de la préparation de mes cours d'histoire de l'art, j'ai décidé de me replonger dans le théâtre grec et quoi de mieux que l'Orestie pour aborder le thème d'Art, État et pouvoir ?

 

Je me suis très vite rappelée pourquoi je ne lisais plus d'auteurs grecs : j'ai tenu treize pages avant de craquer et de sortir le Bailly, un carnet et de me mettre à faire le commentaire du texte... J'ai désormais de très intéressantes notes sur la χάρις chez Eschyle et le rapport qu'il existe entre elle et l'idée de "souffrir pour comprendre", j'ai aussi quelques détails sur le vocabulaire du désir et les épithètes utilisés pour qualifier Clytemnestre et Hélène...

et c'est comme ça qu'on met 5 heures pour lire une pièce de 60 pages...

 

agamemnon.jpgLe bilan de tout cela est que le style d'Eschyle est toujours aussi fascinant que ce soit par son usage des métaphores maritimes, sa capacité à exprimer l'angoisse de l'attente ou sa description de l'horreur de la guerre. La quête de la gloire fait pâle figure face à ces soldats qui regagnent leur patrie dans des urnes, au sang innocent versé pour récupérer la femme d'un autre, et pire, pour récupérer une adultère partie de son plein gré.

Eschyle montre toute l'absurdité de la guerre de Troie d'une façon terriblement émouvante, puis petit à petit on glisse vers l'inévitable châtiment d'Agamemnon, car l'hybris des vainqueurs, crainte au début de la pièce, se concrétise avec l'apparition du héraut, puis d'Agamemnon : l'armée n'a su profiter de la χάρις offerte par les dieux et a châtié Troie au-delà de ce que le crime de Pâris exigeait, le châtiment divin se fait alors inévitable.

La fin de la pièce nous montr l'apogée de la catastrophe avec la chute du pouvoir légitime et son remplacement par un nouveau pouvoir fondé uniquement sur la force, mais qui se sert d'une prétendue vengeance pour légitimer son acte. Pour assouvir sa vengeance Clytemnestre a été prête à tout, y compris à sacrifier sa cité.

 

C'est une pièce sombre et magnifique, où le lecteur assiste à l'accomplissement d'un destin que rien ne peut empêcher malgré les avertissements de Cassandre.


PS : je ne faisais que passer, cet article ne veut pas dire que je vais avoir le temps de répondre à mes commentaires et de publier à nouveau.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 12:12

quitte-rome.jpgAujourd'hui je vais vous parler de Quitte Rome ou meurs, roman épistolaire de Romain Sardou.

 

Présentation de l'éditeur : An 62 après J-C Néron règne en despote sur l'empire romain. Pour l'avoir offensé, le jeune patricien Marcus, condamné à mort, doit fuir Rome et ses plaisirs.  Trahi par sa famille, coupé de ses partisans, Marcus n'a plus qu'un seul allié, le grand philosophe Sénèque, avec qui il entame une correspondance secrète.

 Tout en déjouant les pièges de ses poursuivants, Marcus, jusque-là frivole et impétueux, va être guidé par les lettres de son illustre ami vers la réponse à cette question essentielle : qu'est-ce que vivre et comment être heureux ?

 

Nous avons là un roman philosophique qui nous entraîne dans la pensée de Sénèque, car Romain Sardou choisit d'exploiter certaines obscurités des Lettres à Lucilius, comme le fait que l'on ne dispose d'aucune de ses lettres et qu'il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une véritable correspondance. Faire de Marcus le véritable destinataire des lettres amène une histoire intéressante, car on suit son parcours spirituel, ses errements, tout en ayant le plaisir de retomber sur certaines des véritables lettres de Sénèque et de plonger dans l'ambiance qui règne à Rome au temps de Néron. Je trouve très intéressant, cette intrigue créée à partir du silence de Lucilius.

 

Romain Sardou respecte très bien le ton des lettres de Sénèque et écrit un livre convaincant qui donne l'impression d'avoir une vraie correspondance, dans un style tout à fait approprié. La philosophie de Sénèque y est exposée convenablement, d'une façon qui correspond assez bien à ses véritables textes.

 

Ce livre est donc une bonne découverte et m'a donné envie de me replonger dans les lettres à Lucilius et surtout de les découvrir dans leur intégralité.

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 11:19

ilium.jpgAujourd'hui je vais vous parler d'un livre qui dort depuis plus d'un an dans ma bibliothèque et que j'avais emmené avec moi en Angleterre(ce qui a eu une certaine influence sur mes achats par la suite...), il s'agit d'Ilium de Dan Simmons.

 

"Chante, ô Muse, la rage d'Achille, le fils de Pelée, meurtrier, tueur d'hommes, promis à la mort, chante la rage qui aux Achéens coûta tant de braves et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes pleines de joie et de vie. Et tant que tu y es, ô Muse, chante la rage des dieux eux-mêmes, si capricieux et si puissants sur leur nouvel Olympe, et la rage des posthumains, bien qu'ils aient été emportés par la mort, et la rage des quelques vrais humains qui subsistent, bien qu'ils soient devenus vains et inutiles"

 

La guerre de Troie fait rage pour le plus grand divertissement des dieux et l'Iliade est sur le point de commencer. Thomas Hockenberry attend ce moment depuis neuf ans mais il n'en a plus rien à foutre, car Thomas Hockenberry, est un scoliaste, un spécialiste d'Homère de la fin du XXème siècle que les dieux ont réssucité pour qu'il surveille le déroulement du conflit et on ne peut pas dire que servir les dieux de l'Olympe soit une joie, surtout quand Aphrodite décide de lui confier une mission...

Pendant ce temps-là, dans un futur lointain, les derniers humains vivent dans l'oisiveté et l'ignorance, des serviteurs répondant à tous leurs besoins tandis que de mystérieuses créatures veillent à leur sécurité. Leur vie s'écoule paisiblement, mais un petit groupe va partir en quête de réponses, tandis qu'à Conamara Central, deux Moravecs se voient envoyé sur Mars pour découvrir la source de mystérieuses émissions quantique.

 

simmons-ilium.jpgComme vous l'avez certainement déjà deviné, Ilium est un livre à l'intrigue très complexe suivant trois groupes qui ne semblent avoir aucun rapport entre eux et beaucoup de choses sont laissées dans l'ombre, donc il faut bien suivre durant les 870 pages que compte cet ouvrage. C'est une réécriture de l'Iliade de très bonne qualité, on sent que l'auteur connaît son sujet et les pérégrinations d'Hockenberry donnent vraiment envie de se replonger dans l'Iliade. J'ai aussi beaucoup aimé les deux Moravecs et leurs discussions sur l'interprétation des Sonnets de Shakespeare et sur la recherche du temps perdu de Proust.

 

La rencontre entre épopée homérique et science-fiction se déroule à merveille, car l'Iliade se déroule relativement de la même manière que chez Homère, mais on s'aperçoit que les pouvoirs des dieux sont en fait dû à des gadgets technologiques. C'est vraiment très intéressants de suivre Hockenberry au gré des grandes scènes de l'Iliade et d'avoir sa vision sur le texte homérique. J'ai bien aimé son explication pour la durée de la guerre.

 

C'est un très bon livre. Mon seul petit bémol est au niveau de la traduction de la première page, car normalement c'est Chante, déesse, la colère du  fils de Pelée, et là, la colère est remplacé par le mot rage et ça aurait mérité d'être accompagné d'une note de traduction, afin de savoir si c'est Dan Simmons qui a mis l'accent sur la rage, ou si c'est un choix du traducteur.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 21:27

the-war-achilles.jpgAujourd'hui je vais vous parler d'un des livres que j'ai eu la joie de trouver à Cambridge : The War That Killed Achilles, The True Story of the Iliad de Caroline Alexander.

 

Le principal sujet de l'Iliade est la guerre, mais ne se contente de raconter les exploits des héros mais aussi leur tragédie. Dans cet étude, Caroline Alexander s'attache à montrer comment Homère s'est attaché à décrire la misère de la guerre et à la montrer sous un jour qui n'est pas toujours favorable.

 

Les différents chapitres sont :

- the Things They carried, qui est une sorte d'introduction qui met l'accent sur la réalité historique de l'Iliade

- Chain of Command qui analyse la querelle entre Achille et Agamemnon

- Terms of Engagement qui montre comment les combats commencent

- Enemy Lines, où l'on part du côté Troyen pour la scène entre Hector et Andromaque

- Land of My Father où l'on s'intéresse à Pélée

- In God we trust où l'on s'interroge sur les dieux de l'Iliade

- Man Down, qui s'intéresse à la mort de Patrocle

- No hostages, où l'on analyse les conséquences de la mort de Patrocle

- The death of Hector qui est une traduction du chant 22.

- Everlasting Glory qui s'intéresse à la fin de l'Iliade et conclut le livre.

 

War_Killed_Achilles.jpgAu départ, j'ai eu peur que ce livre ne soit qu'un prétexte pour dénoncer les guerres actuelles, mais mes craintes ont vite été dissipée, car l'auteur fait un usage assez limité des exemples actuels et surtout fait reposer ses réflexions sur des données de qualité, j'ai particulièrement apprécié les références faites aux découvertes permises par l'étude du mycénien(j'aime qu'on me parle du Linear B).

 

C'est un livre bien documenté, qui ne nécessite pas une connaissance particulière de l'Iliade, car l'auteur aime les citations et la paraphrase, ce qui fait que c'est un ouvrage très abordable mais qui reste assez grand publique(oui, je préfère les auteurs qui citent en grec ancien et écrivent des pages pour expliquer pourquoi tel mot est signifiant, et c'est à ça que l'on remarque un ouvrage sérieux, car la transliteration a ses limites). C'est tout de même un ouvrage de qualité et qui permet de découvrir l'Iliade sous un nouvel angle(que l'on soit d'accord avec le propos de l'auteur ou pas). Il s'agit d'un commentaire linéaire de l'Iliade autour de la question de la guerre, ce qui peut parfois laissé sur sa faim.

 

J'ai été déçue par le chapitre sur la Mort d'Hector, car je m'attendais à un commentaire sur le chant en question avec la même minutie que l'on avait dans les chapitres précédents, mais en fait, l'auteur se contente de nous fournir sa traduction du chant en question(que j'ai donc sauté, parce que je préfère la traduction de Chapman ou celle de Mazon... même si je suis en train de m'apercevoir qu'il n'est plus si bon traducteur que dans mon souvenir mais ça reste une bonne compagnie à 3h du matin).

 

achilles-war.JPGEnsuite, après relecture du début de l'Iliade, je m'aperçois que je ne suis pas vraiment d'accord avec son interprétation d'Achille, je pense que faire de sa colère, la rébellion du soldat envers un commandement incompétent, est un peu trop plaquer une critique actuelle de la guerre sur une chose qui obéit à d'autres valeurs, car je doute qu'Homère ait été subversif en ce domaine, ou alors Platon l'aurait mentionné dans sa condamnation, car je doute qu'il aurait considéré comme un modèle convenable le fait de désobéir à ses chefs. Agamemnon dirige les troupes achéennes mais ne commande pas pour autant aux autres héros, qui sont chacun souverain de leurs propres troupes Il est plus plausible de voir dans le retrait d'Achille, le retrait d'un allié mécontent que d'une rébellion envers un supérieur hiérarchique, je pense qu'Achille peut être un leader sans pour autant empiéter sur les prérogatives d'Agamemnon.

 

Je ne suis pas forcément d'accord avec les arguments avancés par l'auteur, cependant j'ai apprécié la manière dont elle développe son point de vue. C'est donc un livre très intéressant et qui permet une autre lecture de l'Iliade.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 19:06

ancient-pottery.jpgAujourd'hui, je vais vous parler d'un de mes achats anglais : Ancient Greek pottery de Michael Vickers.

 

Ce livre est un catalogue commenté d'une sélection de pièces de la collection de l'Ashmolean Museum d'Oxford. Il contient une introduction qui explique à quoi devait servir ces objets, leur intérêt pour la connaissance de l'Antiquité et la signification des différents noms utilisés. Ensuite, on a une série de 59 pots et vases, chacun accompagné d'une photo, voire de deux quand le sujet est important, et d'une description. A la fin, on trouve une page illustrant les principaux types de pots Athéniens et leurs noms.

 

Depuis quelques temps, j'avais envie de mettre la main sur un livre sur la céramique grec, mais plutôt dans le domaine de la céramique érotique vu que j'ai quelques bases sur le sujet que j'aurais aimé approfondir. Ce sera pour une autre fois, puisque ce livre contient assez peu d'exemplaires sur ce thème, mais il n'est pas pour autant dénué d'intérêt(et à £2, ça aurait été dommage de s'en priver). 

 

C'est un ouvrage accessible, car de nombreux termes techniques sont expliqués, donc il n'y a aucun risque de se perdre dans un jargon antique. Par contre, j'ai trouvé qu'il manquait un peu d'explications au niveau des traits généraux de la céramique, car il n'y a aucune explication quant au processus de fabrication ou au niveau des conventions figuratives.

 

La ligne directrice de ce livre est que les objets en céramique sont souvent l'imitation d'objets en argent ou en or et que de nombreux motifs ou de nombreuses figures se comprennent par cette imitation dans un matériaux peu coûteux d'autres objets. J'ai trouvé l'hypothèse intéressante.

 

Les descriptions sont rigoureuses, comme je ne suis pas très douée pour l'histoire de l'art, je les ai assez appréciée. Par contre, il ne faut pas s'attendre à des interprétations, l'auteur décrit les scènes mais laisse le lecteur tirer ses propres conclusions.

 

Voilà donc un livre qui va enrichir ma bibliothèque, car un livre qui n'est pas de la pure vulgarisation est toujours un bon ajout.

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Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
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Interesting Time p.19
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Le Huitième Sortilège p.87
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La huitième Couleur p.91
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
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'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
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'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
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"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
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"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

Perdu Dans La Vallée ?

Malakos is here too !!!

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Le mot de l'auteur

 

Bienvenue au sein de la vallée des grenouilles séchées,  blog d'une prof de lettres classiques fan de Star Trek et de Terry Pratchett.
Vous trouverez ici mes impressions sur des ouvrages que j'ai lu, des films qui ont retenu mon attention et parfois des séries.
 
Sur ce, je vous souhaite une bonne navigation mais méfiez-vous d'une chose, j'ai une tendance à m'adresser plus à ceux qui ont lu ou vu ce dont je parle, donc quand ce n'est pas votre cas, évitez de continuer votre lecture quand vous atteignez le paragraphe commençant par "dans le détail" ou voici la partie spoiler mais dans la plupart des cas, les spoilers sont en surlignés.

The Bursar

Et pour me laisser un message sans lien avec un article c'est par là :



 
 

One Challenge to rule them All

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De mon côté, je vais faire le challenge Valar !

 

Jusqu'ici j'ai peu avancé.

J'ai lu :

The Hobbit

Le Silmarillion

The Fellowship of the Ring

The Two Towers

 

L'adieu au Roi, chansons pour J.R.R. Tolkien

Beowulf

 

 

Challengevalar 2

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