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Vous trouverez ici mes critiques sur les derniers films que j'ai vu, sur les livres que j'ai lu, des choses en rapport avec Harry Potter, les vampires et les histoires avec des gens qui se courent après pour se taper dessus à coup d'épée. La tortue se meut.

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Platon, le beau et la première adjointe du maire

Ayant réussi à me motiver, je vais vous parler aujourd'hui d'Audacieuce invitation, l'un des deux harlequins qu'il me reste à chroniquer(oui car après j'arrête, il ne faut pas abuser des bonnes choses et je viens de trouver encore mieux qu'un harlequin...).

Notre héroïne, Cleo Hollings est la première adjointe du maire de New York qui est connu pour son côté très ferme, étant appelée la sorcière de Murray Street, pour les détails physiques, je vous conseille d'aller voir le billet de Restling qui a traité de ces points et d'autres avec brio. 
Le problème de notre adjointe c'est qu'elle est frustrée, car son dernier orgasme remonte aux Kalendes grecques et qu'elle n'a que ses rêves érotiques pour assouvir ses fantasmes, parce qu'entre ses responsabilité très prenante et son obstination à vouloir consacrer tout son temps libre à vouloir s'occuper de sa mère atteinte d'Alzheimer, qui serait certainement mieux dans une maison spécialisée, il ne lui reste plus de temps pour s'occuper d'elle-même et prendre du bon temps. Autre obstacle - car une héroïne se doit d'avoir une blessure secrète  que l'Homme va devoir dépasser pour pouvoir réussir à l'épouser- elle ne fait plus confiance aux hommes depuis que son petit-ami l'a quitté parce qu'il refusait d'aller s'installer dans la maison de sa mère et donc elle est persuadé qu'aucun homme ne respectera son désir de s'occuper de sa mère et qu'il la quittera quand il apprendra le prix à payer pour être avec elle. Elle est donc décidé à ne plus avoir de relations sérieuses et à ne s'en tenir qu'au sexe.
Heureusement pour notre héroïne Sean O'Sullivan débarque dans son bureau (pendant qu'elle fait un rêve érotique...)pour lui demander d'intervenir dans un problème concernant le pub de son frère qu'un membre de la municipalité essaie de faire fermer. Ils sont aussitôt attiré l'un par l'autre et Sean décide de faire la conquête de cette très sexy adjointe au maire. Celle-ci se méfie parce qu'elle le suspecte de ne vouloir la séduire que pour qu'elle règle son problème. De rencontre en rencontre, elle finit par céder du terrain d'autant que Sean est capable d'amener une femme au bord de l'orgasme juste en l'embrassant. Elle trouve donc en Sean l'incarnation de ses fantasmes érotiques et luttent pour que leur relation reste une simple affaire de sexe mais, bien sûr, l'amour s'en mêle et Sean va tout faire pour faire comprendre à Cleo que ce qu'il y a entre eux n'est pas juste sexuel et il va réussir à lui prouver qu'on peut compter sur lui et qu'il n'a rien contre le fait d'habiter avec sa mère et de s'occuper d'elle.
Le dénouement vous vous en doutez, ils vécurent et eurent plein d'enfant mais le bonus c'est que leur fille devint présidente des USA et que comme dans un Jane Austen, la mère meurt de façon très opportune durant les premières années de leur mariage.


J'ai choisi ce livre parce qu'il appartennait à la collection audace, et qu'après mes harlequins des années 80, je voulais quelque chose d'un peu moins sage...La collection audace c'est celle qui a pour formule "Sexy. Impertinent. Osé.", bref , comme vous avez dû vous en douter par mon résumé, c'est la version érotique des harlequins, mais ça reste sage, on a un rêve érotique sympa, une autre manière de consommer de la crème brûlée, des baisers très brûlants et quelques parties de jambes en l'air qui comblent toujours nos héros d'une manière parfaite, mais ça reste très conventionnel et on ne trouvera pas les deux pratiques les plus courantes chez le marquis de Sade(non, mais je l'ai lu dans un but philosophique celui-là...). Le trait qui revient dans cette collection, c'est le coup de l'héroïne qui a eu sa dose des hommes et décide de ne plus avoir que des relations purement sexuelles, avant bien-sûr de redécouvrir l'amour grâce à son bel étalon et tout le monde se marie.

Par rapport à la fée captive et à prise au jeu, les deux romans des années 80 que j'ai étudié dans l'optique de la place de la femme, nous sommes face à une évolution. Dans ce roman, l'affirmation de la femme comme pouvant être l'égal de l'homme et donc son refus d'être une femme au foyer n'est plus un enjeu, notre héroïne est première adjointe et elle ne cherche plus à affirmer sa crédibilité dans ce rôle, celle-ci n'étant plus mise en question. C'est une femme dominatrice qui apparait dans ce livre, l'homme étant objectifié puisqu'il n'est au départ rien de plus qu'un sex toy vivant, alors que l'adjointe est plus que ça pour lui, elle n'est pas interchangeable ou échangeable avec une poupée gonflable. La lutte du coup va avoir lieu seulement sur le plan sexuel, il va s'agir de savoir qui domine qui ou plus exactement qui est le plus dépendant de l'autre sexuellement... Sean va gagner parce qu'il a des doigts de fée. Faut-il donner une signification à cela je n'en suis pas certaine, même si en réfléchissant un peu je dois être capable de lui donner un sens, simplement par le fait qu'il y a des récits qui mettent en avant le fait que la femme ressent davantage de plaisir que l'homme dans l'acte sexuel, comme par exemple, celui-ci issu de la mythologie grecque : Zeus et Héra cherche à savoir quel sexe éprouve le plus de plaisir et donc consulte le devin Tirésias qui a passé quelques années dans le corps du femme donc a pu éprouver les deux aspects de la chose. Il répond que ce sont les femmes et de rage, Héra le rend aveugle et Zeus pour compenser, lui donne le don de voir l'avenir.

Après ce premier point sur l'évolution de la femme chez harlequin, je vais vous parler du point que je voulais vraiment traiter, à savoir la théorie du Beau dans Harlequin. Chez les grecs, il y avait une tendance à considérer qu'il y avait corrélation entre la beauté extérieure et la beauté intérieur, donc celui qui est bon devait normalement être bon et chez Platon, quand notre âme voit un beau garçon, celle-ci est attiré par lui parce qu'à travers sa beauté, c'est un reflet de l'Idée du Beau que nous voyons et donc l'amour est un moyen de nous élever vers les idées. et en essayant de se joindre à l'autre c'est en fait l'Idée que nous essayons d'atteindre.
La beauté extérieure a un grande importance et c'est ce que nous retrouvons dans les harlequins, car l'Homme est beau, il y a toute suite une attirance irrésistible qui pousse l'héroïne vers lui et qui lui ôte tous ses moyens, ne désirant faire plus qu'un avec lui et bien sûr ce bel homme s'avère toujours être un homme bon, ce qui nous indique que l'Harlequin est l'héritier de la vieille morale grecque qui fait que si l'Homme est beau, il est nécessairement bon et du coup ils vont passer leur vie ensemble parce qu'ils sont éblouis par leur beauté mutuel, sauf que c'est là que ça dérape par rapport à Platon, c'est que la chasteté est une chose un brin honteuse, alors que pour Platon c'est la finalité, l'amour doit resté pur pour élever l'âme, tandis que les héros d'harlequin vivent dans la luxure et sont tout à fait incapable de dominer leur passion qui les entraîne inévitablement vers le monde bassement matériel mais comme c'est une tentative de faire un avec le beau qui est à l'origine de leur désir pour l'autre, ils ne sont pas non plus complètement désespérés aux yeux de Platon.
Dans l'harlequin, nous apprenons que la beauté est le meilleur des guides pour trouver l'homme de sa vie mais l'amour est lié inévitablement au désir sexuel. Un bon amant est l'homme avec qui il faut faire sa vie, car même quand l'acte est interrompu, celui-ci promettait d'être extraordinaire, l'homme comble toujours la femme dans un harlequin.



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R
J'ai trouvé aussi que la mère, qui n'était quand même pas bien pratique avec son Alzheimer, disparaissait de manière bien rapide et à l'avantage de tout le monde...Sinon, j'aime beaucoup ton analyse sur la théorie du beau chez Harlequin. En effet, quand ils sont beaux, ils sont toujours bons... Si c'était pareil dans la vie, ce serait tellement plus simple, on saurait au 1er coup d'oeil à qui on a affaire.
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T
<br /> En principe ce serait pas au premier coup d'oeil mais a premier baiser ou à la première partie de jambes en l'air, car ce sont deux aspects qui ont l'air très important pour tester la compatibilité<br /> d'un couple, finalement ça suivrait plus le discours d'Aristophane dans le Banquet, où c'est l'idée des âmes soeurs, où chacun essaye de faire un avec l'autre physiquement pour essayer de retrouver<br /> l'unité perdue. En même temps harlequin c'est comme une série américaine, les gens ont tous un beauté de degré variable mais on voit peu de moches même dans les seconds rôles, car les moches sont<br /> en vrai des fausses moches à qui il manquait seulement une paire de lentille de contact.<br /> La mère est vraiment là parce qu'il fallait un obstacle mai qu'après ça fait tout de même tâche dans le bonheur conjugal.<br /> <br /> <br />
C
Je suis comme Isil, je vais commencer à fantasmer sur ce type qui amène au bord de l'orgasme avec juste un baiser...Juste par curiosité (je ne suis pas très calée en mythologie): pourquoi Hera est fâchée (après tout, c'est donc elle qui éprouve le plus de plaisir)?
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T
<br /> C'est une question de pudeur, parce qu'elle se sent ridiculisé par cette affirmation. Je ne sais plus s'il y a une autre raison en plus qui est donné. Il faudrait que je revérifie à mon retour à<br /> Paris pour voir si c'est Hésiode qui en parle ou un autre.<br /> Eh oui, le baiser n'est plus un baiser magique mais un baiser orgasmique. Moi j'ai préféré ce qu'il faisait avec la crème brûlée^^<br /> <br /> <br />
I
Atteindre l'orgasme par un baiser. Waouh, on en trouve un un comme ça? Remarque, c'est bien pour se débarrasser de la vieille mère. Un baiser et hop, le problème de la cohabitation est réglée Ben dis donc, mêler Platon à un Harlequin, chapeau!
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T
<br /> On fait bien des livres pour expliquer la valeur philosophique de harry Potter ou South Park, donc pourquoi pas harlequin ? j'aurai pu aller plus loin en démontrant pourquoi Platon aurait banni les<br /> harlequins de la cité mais j'ai eu un peu pitié de mes lectrices. En fait, on ne saura jamais si le baiser en question pouvait réellement provoquer l'orgasme ou s'il menait juste au bord de<br /> celui-ci, car le baiser est un interrompu.<br /> <br /> <br />
N
Un bon aimant ? Lapsus révélateur :) Sinon, je voudrais bien savoir ce que tu as pu trouver d'encore mieux que les Harlequins ! Je suis sceptique.
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T
<br /> En plus je ne vois pas ce qu'un tel lapsus peut révéler, à part peut-être un type qui fait éprouver à la femme une telle attirance ? Merci d'avoir relever, je vais pouvoir le rectifier avant que<br /> trop de monde ne l'ait lu.<br /> <br /> C'est le livre que j'ai reçu ce matin "How to marry a millionaire vampire", c'est drôle, c'est  moins mal écrit qu'un harlequin, on a des trouvailles comme un début d'histoire impliquant une<br /> poupée gonflable et des phrases assez drôles mais en même temps, j'ai des moments où je me demande si ce livre qui appartient à une collection Romance n'est pas une forme d'Harlequin vu que nous<br /> avons un vampire qui éprouve de l'excitation sexuelle et qui au contact de la jeune femme se retrouve en pleine éjaculation, ce qui m'amuse énormément tant c'est de l'harlequin moderne... je pense<br /> que c'est la faute des différents billets harlequinades, maintenant je repère dans le texte le vocabulaire descriptif type harlequin.<br /> <br /> Mon passage préféré pour l'instant, ça me fait penser à la pub apericube :<br /> <br /> "Her body felt warm and soft in his arms. He dipped his head lower and inhaled deeply through his nose. The rich aroma of fresh human blood filled his senses. Type A Positive. His favorite. His<br /> grip tightened. His groin swelled. She was so vulnerable in his arms, her head dropped back to expose her virginal white neck. And damn if the rest of her didn't look just as tasty."<br /> <br /> <br />