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Vous trouverez ici mes critiques sur les derniers films que j'ai vu, sur les livres que j'ai lu, des choses en rapport avec Harry Potter, les vampires et les histoires avec des gens qui se courent après pour se taper dessus à coup d'épée. La tortue se meut.

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"Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette."

LeMedecinMalgreLui02.jpgAujourd'hui nous allons parler théâtre avec Le Médecin Malgré lui de Molière.

Sganarelle est un ivrogne, un paillard et gagne sa vie en vendant des fagots. Il bat sa femme. Celle-ci décide de lui faire payer les coups qu'elle a reçu et déclare à deux domestiques en quête d'un médecin pour soigner la fille de leur maître, que Sganarelle est un grand médecin, qui fait des miracles mais un peu excentrique, car il faut le battre pour qu'il accepte de reconnaître qu'il est médecin. Les deux valets s'empressent d'aller trouver Sganarelle et de l'emmener auprès de leur maître, après lui avoir administré les coups nécessaires pour faire de lui un médecin. Sganarelle doit soigner Lucinde, qui est muette, pour que le mariage avec Horace qui a été décidé par son père puisse faire, bien que celle-ci soit amoureuse de Léandre.

Je ne suis pas très fan de Molière mais j'ai bien aimé cette pièce qui est assez drôle avec certains passages connus comme celui-ci à l'Acte II, scène IV :

"SGANARELLE : Nous autres grands médecins, nous connaissons d'abord les choses. Un ignorant aurait été embarassé, et vous eût été dire : "C'est ceci, c'est cela" ; mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.
GERONTE : Oui, mais je voudrais bien que vous pussiez dire d'où cela vient.
SGANARELLE : Il n'est rien de plus aisé : cela vient de ce qu'elle a perdu la parole.
GERONTE : Fort bien ; mais la cause, s'il vous plaît, qui fait qu'elle a perdu la parole ?
SGANARELLE : Tous nos meilleurs auteurs vous diront que c'est l'empêchement de l'action de sa langue.
GERONTE : Mais encore, vos sentiments sur cet empêchement de l'action de sa langue ?
SGANARELLE : Aristote, là-dessus, dit... de fort belles choses."


J'ai assez apprécié la manière dont le thème de la critique de la médecine est développé dans cette pièce à travers les références aux précédents médecins consultés sur le cas et l'aspect complètement contradictoire des réponses obtenues, la manière dont Sganarelle arrive à embrouiller l'esprit de Geronte de façon à ce que celui-ci ne s'apperçoive pas de la supercherie, la description de remèdes utilisées et surtout le discours de Sganarelle à l'acte III scène I où il annonce sa reconversion dans la médecine :

"Je trouve que c'est le métier le meilleur de tous ; car, soit qu'on fasse bien ou soit qu'on fasse mal, on est toujours payé de même sorte : la méchante besogne ne retombe jamais sur notre dos ; et nous taillons, comme il nous plaît, sur l'étoffe où nous travaillons. Un cordonnier, en faisant des souliers, ne saurait gâter un morceau de cuir qu'il n'en paye les pots cassés ; mais ici l'on peut gâter un homme sans qu'il en coûte rien. Les bévues ne sont point pour nous ; et c'est toujours la faute de celui qui meurt. Enfin le bon de cette profession est qu'il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde ; et jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué."


Mais un élément que j'ai bien aimé, c'est l'usage du latin dans le discours de Sganarelle pour dissimuler son ignorance et que j'ai trouvé assez drôle puisque je comprends ce qu'il dit :

"Cabricias arci thuram, catalamus, singulariter, nominativo haec Musa, "La Muse", bonus, bonum, Deus sanctus, estne oratio latinas ? Etiam, "oui". Quare, "pourquoi" ? Quia substantivo et adjectivum concordat in generi, numerum, et casus."


Du point de vue de l'histoire, on retrouve le conflit des générations avec un couple d'amoureux qui se heurte à l'ambition du père qui préfère Horace qui a actuellement du bien, à Léandre qui n'aura du bien qu'à la mort de son oncle. Une fois de plus c'est l'amour qui triomphe et qui est mis en avant comme norme. La dernière scène apporte un happy end rapide et au hasard trop heureux comme ça arrive également dans d'autres pièces, puisque l'oncle meurt, laissant toute sa fortune à Léandre lui donnant la possibilité d'épouser lucinde avec la bénédiction paternelle.

Sur ce scène, ce que ça donne, car je suis allée voir la pièce cette après-midi au théâtre Fontaine, le résultat est assez plaisant, l'orginialité de la mise en scène repose sur l'introduction de deux passages chantées, le jeu des acteurs étaient bons, donc ce fut une sortie plaisante.

Cette pièce correspond à la lettre M dans ma liste pour le challenge ABC 2010 et mardi, pour continuer dans ma lancée théâtrale, je vous parlerai du malade imaginaire.

challenge-Abc-2010.jpg
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P
<br /> ptdr. the Bursar tu es dans la même situation que moi avec Notre Dame de Paris. ^^ Il ne se passe pas un jour sans que quelqu'un tombe sur mon site à cause de ses recherches de français.<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Oui, ça m'arrive fréquemment vu que j'ai chroniqué un certain nombre d'ouvrages littéraires anglais et français, et que je fais référence à un grand nombre d'autre, mais c'est la première fois que<br /> quelqu'un prend la peine de me laisser un message, je trouve ça sympa, car je ne suis pas encore prof donc je n'ai pas à me sentir obligée de froncer les sourcils devant de telles pratiques.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Bonjour et merci , j'aime beaucoup ton site et il ma bien aider pour mon devoir de francais ! je te suis tres reconnaisant PS; desolé pour les fautes je ne suis pas tres fort A+ :)<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Heureuse d'avoir pu être utile^^. j'espère juste que tu n'as pas recopié mot à mot, parce que les profs utilisent google pour vérifier  les passages dont l'attribution est douteuse.<br /> <br /> <br />
P
<br /> PFIUUUUUUUU (viens de se retaper tous les commentaires...) C'est parti pour l'argumentation...<br /> Cachou@ Concernant les précieuses ridicules, c'est celui que j'aime le moins car je trouve justement qu'on y retrouve pas le Molière habituelle. La fille est cruche et les perssonnages sont<br /> bâteaus.<br /> Quant à Don Juan je l'ai trouvé amusant mais sans plus, là aussi ce n'est pas un de mes préférés.<br /> the Bursar@ Là où j'aime beaucoup Molière et se façon de déscendre le mysoginisme de l'époque ainis que l'idée selon laquelle les serviteurs seraient stupides et soumis: les Fourberies de Scapins,<br /> Le malade Imaginaire, L'avare et Tartuffe (Surtout Tartuffe pour le mysoginisme car la maîtresse de maison sait vraiment mener les gens en bâteau pour sauver sa famille.)<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Ben oui, c'est long comme discussion et surtout très argumenté.<br /> <br /> J'aime Don Juan non pas pour l'humour, mais pour le personnage lui-même, son côté baroque et son refus de s'incliner devant les normes sociales en place avec en plus à la fin, le petit épisode<br /> contre les faux dévots.<br /> <br /> Oui, dans Tartuffe on voit bien que ce sont les femmes qui mènent.  En général, ce sont les paysans qui sont stupides, pas les domestiques.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Le seul truc qui m'a intéressé dans cette histoire, c'est le point sur le libertinage, bien qu'ici il semble être traité du point de vue sexuel plus qu'idéologique (en tout cas dans l'adaptation,<br /> si ça se trouve il y a un discours idéologique derrière tout ça dans la pièce)(je verrai quand j'aurai la patience de le lire - je devrais certainement le faire cette année-ci).<br /> <br /> <br />
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T
<br /> C'est une pièce intéressante, mais oui, c'est sexuel mais Don Juan c'est aussi celui qui ne veut mettre de borne à son désir, c'est un être de démesure.<br /> <br /> <br />
C
<br /> C'est plus aux deux paysannes qu'il manipule bêtement que je pensais, Elvire s'en sort plutôt bien en comparaison. Je prépare justement un billet sur le sujet, mais je ne vais pas creuser,<br /> n'aillant pas lu la pièce d'origine.<br /> <br /> <br />
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T
<br /> ça c'est pas misogyne, les paysans sont souvent bien stupides et crédules chez Molière et il y a tout un mythe autour de la paysanne comme quelqu'un d'accueillant, ç se retrouve dans l'histoire de<br /> Francion, de Sorel, où le héros, je crois, couche avec deux paysannes mariées de son village, qui le croyaient vierge et s'étaient donc mis en tête de le déniaiser.<br /> le DOn juan cherche plutôt à dénoncé les débauchés et surtout les faux dévots parce que l'on est dans la période de la querelle du Tartuffe.<br /> <br /> <br />