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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 14:09
En ce beau vendredi soir, je me suis fait une soirée Pride & Prejudice avec une amie qui n'avait pas encore eu l'occasion de voir The Mr Darcy, car comment la laisser dans l'ignorance et s'en tenir à l'affreuse version avec Keira Knightley ?

J'adore cette adaptation de la BBC faite par Andrew Davies, qui a également réalisé la version de Sense & Sensibility que j'aime tellement. Colin Firth est excellent, il a un regard si expressif, une telle capacité à faire passer ses sentiments avec un minimun d'expression faciale, car c'est là la raison pour laquelle je préfère David Morrissey à Alan Rickman dans le rôle du colonel Brandon, Rickman sourit trop. J'aime le fait que tout soit intériorisé, seul le regard trahit ce que l'on veut dissimuler, c'est tellement dans la tonalité de la lutte amoureuse où l'on cherche à céder à l'autre le moins possible. Et à Pemberley, il est si charmant, si chaleureux ! et à la fin, il sourit et il a un magnifique sourire ! le baiser de la scène finale est aussi splendide, tellement inespéré !

J'adore Mr Bennet, il est extrêmement drôle ainsi que l'effusion de Mrs Benneth. La différence entre les trois jeunes soeurs est très bien rendu et j'ai aimé le fait qu'on a l'impression que Mary aurait bien aimé être Mrs Collins.
Pour Bingley, je suis restée accro à celui de Lost in Austen, je lui trouve un air moins idiot, mais là, il va très bien avec Jane, ils sont tous les deux gentils mais quand on voit Bingley on comprend que Darcy intervienne dans ses projets matrimoniaux, car avec une mauvaise épouse Bingley irait à la catastrophe, car il serait par exemple incapable de s'en sortir avec une épouse dépensiaire, il est trop naïf et optimiste.
Les soeurs de Bingley aussi me déçoivent, je trouve que Miss Bingley est laide, ainsi que Mrs Hurst, mais pour Mrs Hurst c'est moins grave, car elle n'est pas à la poursuite de Darcy. Là encore je préfère la Miss Bingley de Lost in Austen.
Lady Catherine fait antiquité, elle est très bien assortie avec les fournitures de son salon et Anne de Bourgh fait vraiment maladive, c'est joussif.

J'aime énormément le scénario, il laisse le temps de saisir l'ambiance et ma scène préféré n'est pas la scène de la chemise mouillée mais celle du bain, car on a une meilleur vision de Mr Darcy et on est dans le moment où rien n'est déclaré, où Darcy cherche à combattre sa passion mais voilà il est à la fenêtre et ne peut s'empêcher de regarder Elisabeth joué avec un des chiens de chasse.
j'aime le fait que toute la lenteur du livre est respectée car on peut y voir la passion des personnages grandir, le fait que tout le long de l'histoire le comportement de Darcy montre qu'il s'est vite repenti de ses paroles lors du bal à Merryton et le fait qu'Elisabeth gagne son coeur au moment où elle refuse de danser avec lui, lui faisant découvrir un tempérament indépendant, c'est-à-dire qu'elle le refuse lui et ses richesses, lui qui doit avoir l'habitude d'être courtisé et de voir les femmes se gratifier de ses attentions. Je pense que c'est à ce moment-là que la passion de Darcy naît.

Je ne me lasse pas de cette adaptation et chaque fois que je la vois j'y découvre de nouvelles choses.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 23:12
Voilà je viens de finir de lire Persuasion de Jane Austen et je tente d'écrire ce billet tout en conversant avec une camarade capétienne qui va mourir d'une descartite aïgue et qui est à la recherche d'un super descartes pour venir vaincre le dualisme de son mini-mémoire ou alors de quelqu'un qui sait faire tourner les tables histoire de rentrer en contact avec l'auteur lui-même, sur cet appel à la charité internationale, j'en reviens à notre livre.

J'ai bien aimé, c'est une belle histoire, les personnages ont leur petit travers, comme Mary qui se plaint pour un rien, qui fait une montagne de tout ou Sir William et ses idées sur ce qui est dû à un baron.
L'histoire est très simple, Anne Elliot, huit ans plus tôt, était amoureuse de Mr Wentworth, un marin, et elle avait accepté sa demande en mariage mais sa bonne amie Lady Russell l'a convaincu de revenir sur sa décision, d'autant que le jeune homme n'était pas considéré par SIr William comme suffisamment riche ou titré pour prétendre à la main de sa fille. Huit ans ont passé, Anne est toujours célibataire et le goût de Sir William et d'Elisabeth, l'aînée, pour les apparences et un certain train de vie font que la famille rencontre quelques difficultés financières qui obligent Sir William à louer le manoir familial et aller s'installer à Bath. Le manoir est loué par les Croft dont il se trouve que Mrs Croft est la soeur du fameux jeune homme éconduit qui est désormais capitaine. Après toutes ces années, Anne va enfin revoir l'amour de sa vie mais le Capitaine Wentworth partage-t-il toujours ses sentiments ou faut-il se résoudre à le voir marié avec une autre ?

J'ai poussé un petit cri de joie au moment du dénouement, il était tellement attendu. J'aime beaucoup le capitaine Wenthworth mais le colonel Brandon a toujours ma préférence, je crois que j'ai vraiment été marqué par le moment où David Morrissey part à la recherche de Marianne et il est si émouvant par le fait qu'il se sait trop vieux pour Marianne et qu'il est obligé d'endurer la concurrence de Willoughby sans rien faire.
Persuasion est un livre assez gai, car on n'a pas trop longtemps à supporter Sir William et Elisabeth, et la société d'Uppercross est très plaisante. Ce qui est interessant aussi c'est qu'on a une héroïne beaucoup plus âgée, il ne s'agit plus des premiers embrasements d'une jeune fille mais d'une femme mâture, donc une nouvelle fois Jane Austen arrive à nous divertir sans qu'on ait la moindre impression de déjà vu, c'est un peu comme Rocky, c'est-à-dire qu'on sait le dénouement dès le début mais ce qui intéresse le plus ce sont les chemins empruntés pour y parvenir, les obstacles à surmonter, comment un même sujet va pouvoir nous apporter de la nouveauté.

Le peu d'intérêt pour la fin se remarque dans la manière même dont Jane Austen traite la fin de ses ouvrages, une fois que les amoureux se sont avoués leur sentiment mutuel, il n'y a plus grand chose à dire, tout le reste n'est que point de détail, pour la raison que, pour Austen, rien n'est impossible pour deux jeunes gens qui s'aiment. La rapidité de ses fins est très agréable pour cela, le lecteur est libre d'imaginer ce qu'il veut, Austen n'impose pas une conception du bonheur à ses lecteurs, chacun peut continuer à rêver, car c'est une faute que l'on rencontre dans Harry Potter, Rowling était si occupée à empêcher que l'on écrive une suite qu'elle a du coup brisé toutes possibilités pour le lecteur de rêver, elle a imposé une idée du bonheur qui quand il ne correspond pas à ce que le lecteur a imaginé, ne peut que briser son plaisir. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'on assiste très peu aux demandes en mariage ou au moment où l'héroïne donne sa réponse, en général, c'est l'auteur qui nous raconte de manière élliptique la chose mais elle nous donne rarement les mots employés pour formuler cette demande ou réponse.
Voilà j'ai donc à présent lu les 6 romans achevés d'Austen. Sur les 6, il faudrait que je relise Pride & Prejudice mais je me le réserve pour plus tard, c'est une charmante perspective.
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 22:33
Non le titre de cette article n'est pas un spoiler - je précise car je crois que ça a dû être le problème de mon article sur Mansfield Park - les trois derniers mots sont juste l'explicitation du premier, j'avais peur que sans l'intonation on ne puisse percevoir l'étendue expressive de ce "oh".
Je viens juste de regarder Jane ou Becoming Jane vu que c'est le titre anglais, par le biais de la vod d'orange. Je ne connais pas la biographie de Jane Austen, du coup j'ai énormément apprécié ce film mais j'ai aussi le désir de lire une biographie de Jane Austen pour pouvoir voir ce qui dans ce film était pure fiction et ce qui était vrai. Le film me fait penser au film Molière, il n'est pas aussi excessif, mais je pense qu'il est clairement orienté par le fait d'utiliser les romans pour combler les vides concernant la biographie de Jane Austen ou en d'autre termes considérer que la vie de l'auteur a inspiré ses ouvrages, mais je vais y revenir

D'abord, l'histoire, Jane est fille d'un pasteur sans le sous, avec plusieurs frères -le sourd est-il son frère voilà une bonne question ?- dont on voit surtout Henry, et une soeur Cassandra, et dont la cousine est comtesse mais vit avec eux apparament, son mari est décédé lors de la révolution française mais elle a réussi à fuir la france en emportant ses richesses. Cassandra est fiancé à un future prêtre qui doit partie dans une expédition à San Dominguo dans l'espoir d'en revenir avec "a living" qui lui permettra enfin de soutenir une vie conjugale. Jane est courtisé par Mr Wisley, un très riche gentilhomme, bien au-dessus de sa condition mais dont l'esprit semble un peu lent, mais elle tombe amoureuse de Mr Lefroy, un futur avocat dont la richesse dépend entièrement du bon vouloir de son oncle très austère. La question du film est Jane va-t-elle épouser Mr Wisley pour sa fortune ? ou réussir à épouser Mr Lefroy avec l'approbation de l'oncle ? ou vont-ils rester tous les deux célibataires à jamais pour préserver leur amour que la société ne peut autoriser ? ou vont-ils s'enfuir et se marier ? ou Mr Lefroy va-t-il finalement céder aux intérêts matériels ?

d'un côté Mr Lefroy, de l'autre Mr Wisley
Le casting est pas mal, Anne Hathaway joue Jane Austen, Maggie Smith la riche tante de Mr Wisley, James Cromwell Mr Austen et Julie Walters(Mrs Wesley et l'amie vieille fille de Donna dans Mamma Mia) joue Mrs Austen.

Maintenant j'en arrive au détail ou à si vous voulez garder votre esprit vierge de toutes idées reçues il est temps d'arrêter votre lecture, car je ne peux pas rentrer dans la mise en relation entre l'oeuvre d'Austen et le film sans dévoiler les détails du  film. Comme je le disais, on est vraiment dans une perspective où l'on considère que l'oeuvre est le reflet d'élément réel de la vie de Jane Austen et le rapport est surtout par rapport à Orgueil et Préjugé, qu'elle est en train d'écrire durant l'histoire. Les parents de Jane font pensé au couple Bennet, la mère cherchant à tout prix à caser Jane tandis que le père est plus en faveur d'un mariage d'amour, sauf que dans le film, ce qui dans le livre finit bien, finit mal et donc le père finit par se ranger du côté de la mère, comme si les romans étaient l'occasion pour Austen de corriger la réalité et de faire advenir ce qu'elle aurait souhaité. Mr Lefroy est un mélange de Mr Darcy et de Wickham, l'homme parfait en quelque sorte, la première rencontre ressemble à Pride, Lefroy blesse l'orgueil de Jane en critiquant un texte qu'elle a écrit et lors de leur rencontre suivante le dialogue est tendue car Jane tente de se venger de Lefroy. Mr Wisley me fait d'abord pensé à Mr Rushwood, il est riche mais pas gâté par la nature au niveau de l'esprit mais on s'attache à lui car il est peut-être juste timide et semble loin d'être si idiot que ça. Sa tante fait un peu penser à Lady Catherine. L'histoire d'amour de Jane apparaît vraiment comme l'explication de son oeuvre, par exemple dans son choix des happy end entre des héroïnes fauchées et de riches gentilhommes. Lefroy donne naissance aux personnages des libertains de l'histoire, car Lefroy au départ, n'est pas irréprochable, c'est la source des personnages de libertin, car il a cette attraction des personnages dangereux mais en même temps une grande noblesse de sentiment. Jane ressemble à Elisabeth Bennet mais en plus indépendante.

Mon moment préféré doit être quand Mr Lefroy l'embrasse dans les bois alors que chacun essaye de jouer la comédie parce qu'ils sont tous deux fiancés à un autre. Les deux personnages principaux sont super et surtout Mr Lefroy, bien que Jane ait été la plus forte des deux. Bref je suis très contente de ce film.
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 23:59
Lost-in-Austen.jpgJ'avais dit que j'attendrais d'avoir lu persuasion avant d'attaquer Lost in Austen : create your own Jane Austen Adventure, mais voilà je suis en train de lire un livre sur Hume, alors c'était dur de résister à la tentation... donc j'ai fini par tenter ma première aventure qui s'est soldé par j'ai épousé Mr Crawford, celles qui ont déjà lu Lost in Austen, seront en mesure à partir de là de deviner si mon marriage a été heureux ou non... j'admets que j'ai choisi cette solution par curiosité, du coup ma prochaine aventure reprendra au point de ma dernière bifurcation. Mais je compte pas faire le tour de toutes les possibilités avant d'avoir lu Persuasion, mais une petite aventure de temps en temps, entre deux révisions rébarbatives.

Après ce petit commentaire destiné surtout à celles qui l'ont lu, je vais vous présenter ce livre, qui a été traduit en français par Jane et moi.  Il se trouve que moi, je vais vous parler de l'édition anglaise, ce qui va d'ailleurs vous faire comprendre pourquoi je n'ai pas pu y résister. En effet, le penguin classique, vert et blanc sur papier recyclable attire moins l'attention. Ici la couverture représente diverses scènes galantes, avec un trou au milieu qui donne vue sur la page suivante et le portrait d'Elisabeth. Il y a beaucoup d'illustration dans le livre, ce qui donne un côté plus gai. La présentation de l'ouvrage est très aérée, avec un changement de police dès qu'il y a des instructions quant au jeu. Oui, car, pour celles qui ne le sauraient, Lost in Austen correspond aux fameux livres de notre enfance, livres dont vous êtes le héros(je n'en ai jamais fini un seul, vu que je n'ai aucune patience, donc à force de me faire massacrer dans des impasses ou de me faire laminer par une armée de zombie, j'ai arrêté), par contre il n'y a pas besoin de dé. Il y a des points à compter(mais l'auteur est sympa et prend en compte le fait qu'on a pas forcément envie de noter donc ce n'est pas une obligation), moi je tiens mes comptes sur ma petite feuille, c'est assez amusant, on gagne des points et on en perd en fonction des décisions qu'on prend et aussi par le biais de quizz où de bonnes réponses permettent d'obtenir de nouvelles compétences et de mauvaises, non, à ce propos d'ailleurs le fait de lire en anglais à un côté barbare à ce moment-là...

Un peu comme la mini-série du même nom, la situation peut vite partir en live, et on finit par se retrouver dans des situations qui ne sont plus dans Orgueils et Préjugés mais c'est là toute la saveur du livre, c'est de voir tout d'un coup entrer en collision des scènes de différents livres(oui j'ai beaucoup aimé la manière dont on se retrouve avec les Crawford sur les bras...)qui théoriquement n'auraient jamais dues se rencontrer. Et maintenant la grande question, reussirai-je un jour à épouser le colonel Brandon"



"It is a truth universally aknowledged that a young Austen heroine must be in want of a husband, and you are no exception."
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 00:00
Mon titre illustre bien une chose que l'on a par moment envie de dire à certains personnages de Mansfield Park. Car oui, je viens de finir Mansfield Park. Mansfield Park, comme Northanger Abbey, ne fait pas vraiment parti des ouvrages de Jane Austen qui font rêvé, l'histoire est bien tantôt on souffre pour l'héroïne, tantôt on s'exaspère après elle(oui, j'étais du côté de Sir Thomas). Fanny Price est une héroïne dont on ne peut que se prendre d'affection, mais ce n'est pas forcément le genre d'héroïne que l'on a envie d'être, sans compter que par moment j'étais frustrée par son comportement car elle n'a rien de commun avec Elisabeth Benneth ou Elinor et Marianne Dashwood, donc par moment on imagine une réplique pleine d'esprit, qui ferait avancer l'histoire, que l'héroïne pourrait prononcer et qu'elle ne prononce pas puisque ce n'est pas son caractère.

J'ai eu mon happy end comme toujours et que l'on peut trouver aussi rapide que Northanger Abbey, bien qu'il y ait un côté interessant qui est que Jane Austen nous laisse entrevoir un autre happy end qui aurait pu avoir lieu, ce qui plaira aux fans de Lost in Austen vu que ça illustre un peu le "que se serait-il passé si..." ou le fait que le bon dénouement de l'histoire ne tient souvent qu'à un fil. J'aurai plus été en faveur de ce happy end vu que j'ai trouvé que l'Homme du vrai happy end, ne méritait plus tout à fait une telle épouse... bien qu'il y a des choses très satisfaisantes dans le vrai dénouement(là je fais des références à des points de détails). C'est vrai que moi je me serai contentée de la mort de Mrs Norris comme happy end, mais, bon, on est dans un  Jane Austen donc on ne meurt pas gratuitement, et comme ce n'est pas la grand-tante dont le décès peut favoriser grandement le mariage des amants soit par l'héritage qui permet tout d'un coup au héros de s'installer avec son épouse ou simplement d'enlever l'obstacle principal au consentement, elle ne meurt pas mais ça m'aurait vraiment fait plaisir dans le courant de l'histoire.

L'histoire c'est simple, c'est l'histoire de Fanny Price, qui a l'âge de neuf ans est retirée de sa famille pour aller  vivre à Mansfield Park, la demeure de sa riche tante Lady Bertram, parce que sa mère a fait un très mauvais mariage et croûle sous les enfants, et que sa tante Norris a incité Sir Thomas(l'époux de Lady Bertram) à s'occuper de l'éducation d'un des enfants pour ainsi soulager un peu Mrs Price et espérer permettre à l'enfant de faire un meilleur mariage. On pourrait se dire en voyant la situation, que Fanny va être une nouvelle Jane Fairfax, mais en dehors de leur dépendance vis-à-vis d'un riche bienfaiteur, elles n'ont rien en commun, car dès les premiers chapitres, on comprend que, non les Bertram ne sont pas les Campbell. Car les Bertram ont 2 filles un peu plus âgées que l'héroïne(des pestes, si vous voulez mon avis) et aucune intention de traiter Fanny comme leur égal. Du coup Fanny grandit en étant toujours rabaissée par sa tante Norris et sans ami ou allié dans la famille si ce n'est Edmund, le fils cadet qui veille sur elle. Il fait penser à Mr Knightley au début mais finalement je le trouve très inférieur à Knightley. Du coup, Fanny est quelqu'un de très timide, qui a une très basse idée d'elle-même et sa tranquilité domestique va être troublé par l'arrivée de Mr et Miss Crawford... La grande question de l'histoire est Fanny va-t-elle réussir à épouser l'homme dont elle est secrètement amoureuse ?

On s'attache facilement à Fanny, mais une des questions que je me suis posée, est qui s'intéresse réellement au bonheur de Fanny ? Ma réponse a finalement été William, car la plupart des autres ne s'y intéressent que pour faire en sorte que cela vienne favoriser leur projet. J'ai été indignée par le premier chapitre qui relate la discussion de Mrs Norris avec les Bertrams relativement au fait d'élever une de leur nièce moins favorisée, ça fait très dame patronesse, et les discussions après pour savoir chez qui va habiter Fanny, ça fait vraiment "mais qui va garder le chien pour les vacances ? oh allez, tu nous as tanné pour avoir un chien donc maintenant c'est un peu à toi de t'en occuper". Mrs Norris se congratule tellement de cet acte de charité qu'elle rabaisse sans cesse Fanny, en lui rappelant toujours combien elle doit être reconnaissante, mais du coup Fanny se retrouve un peu propulsée au rang de dame de compagnie, parce qu'on attend d'elle qu'elle se rende utile et j'ai un peu l'impression qu'elle ne reçoit pas l'attention qu'elle devrait, car théoriquement le but du jeu pour les Bertram c'est de la caser, or ils n'ont pas l'air d'avoir fait beaucoup d'effort dans le domaine, l'héroïne, elle,  n'a pas l'air de penser à son côté dépendant et au fait qu'elle ne peut pas rester à la charge de son oncle éternellement.

Le personnage que j'ai particulièrement aimé, a été Sir Thomas, je me suis prise d'affection pour lui au fil de l'histoire.
Mr Crawford me fait un peu penser à Valmont.
Les personnages sont toujours à la hauteur du style de Jane Austen mais j'ai trouvé qu'il y avait moins de personnages agréables dans cette histoire mais cela doit être dû à la situation de l'héroïne qui pour une fois ne se trouve pas au sein d'une famille aimante(c'est pas Cosette non plus, ni Jane Eyre).

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 17:31
Dans le cadre du challenge Jane Austen, voici ma réponse à questionnaire austénien créé par Emjy et dont on peut trouver le questionnaire et le billet sur le sujet à cette adresse link

1) Comment avez-vous découvert Jane Austen ?
Lors de ma deuxième année de prépa, par ma prof d'anglais qui était une grande fan et qui nous avait prêté, à nous le petit groupe d'héllenistes qui suivait son cours de littérature du vendredi, l'adaptation BBC de Jane Eyre et de Pride & Prejudice. Du coup, après avoir vu l'adaptation de Pride & Prejudice, j'ai eu envie de lire le livre. Sans cette adaptation, je n'aurai jamais eu l'idée d'aller lire ce genre de livre vu que je lis essentiellement de la Fantasy.

2) Avez-lu tous ses romans jusqu'ici ?
Non, car après avoir lu Pride & Prejudice, je n'ai pas continué dans ma lancée, vu que je venais de découvrrir Jane Eyre et suite à ma déception face aux autres oeuvres de Charlotte Brontë, j'ai eu peur de connaître la même déception avec Jane Austen. Donc c'est seulement maintenant que je me remets à la lecture d'Austen, après avoir été convaincu par Neph de me lancer moi aussi dans le challenge. Jusqu'ici,  j'ai déjà lu Sense & Sensibility, Emma, Northanger Abbey et je suis en plein dans Mansfield Park.

3) Avez-vous un préféré ?
Sense & Sensibility, j'ai énormément d'affinité avec le personnage d'Elinor et je suis sous le charme du colonel Brandon, et juste derrière vient bien-sûr Pride & Prejudice.

4) Combien d'adaptations avez-vous vues ?
4. J'ai vu la version BBC de 1995 de Pride & Prejudice, la version de Joe Wright et j'ai vu l'adaptation de Sense & Sensibility d'Andrew Davies et celle d'Ang Lee.

5) Lesquelles sont vos préférées ?
Sense & Sensibility d'Andrew Davies, vu que je suis sous le charme de David Morrissey et j'aime beaucoup le personnage d'Elinor et la version BBC de Pride & Prejudice, la famille Bennet y est si bien reprentée et il y a Colin^^ mais ma scène sexy avec Darcy n'est pas l'épisode de la chemise mouillée mais le moment où il prend son bain à Neverfield pendant le séjour d'Elisabeth et de Jane là-bas et où il regarde par la fenêtre et voit Elisabeth dans le parc.

6) et lesquelles aimez-vous le moins ?
Pride & Prejudice de de Joe Wright, j'ai tout particulièrement en horreur la scène vers la fin où Elisabeth n'arrive pas à dormir et sort se promener dans le petit matin et tombe sur Darcy qui apparamment a eu la même idée, eh oui il n'y a pas beaucoup de possibilité de promenade dans la campagne anglaise autour de Neverfield.

7) Avez-vous vu des films inspirés ou dérivés de son oeuvre ? (Becoming Jane, Miss Austen regrets, Coup de foudre à Bollywood, Clueless, Bridget Jones, The Jane Austen Book Club etc) Qu'en avez-vous pensé ?
J'ai vu Bridget Jones, il y a plusieurs années, je ne connaissais pas Jane Austen à l'époque, donc je découvrais à ce moment-là l'existence de Colin Firth, mais ça ne m'a pas marqué, ni d'ailleurs le nom du personnage que j'avais rebaptisé Robbie le Renne parce que je n'arrivais pas à retenir son nom. J'ai pas hyper accroché à Bridget Jones, parce que la trentenaire un peu désespérée et qui passe son temps à faire des bourdes, c'est pas forcément ma tasse de thé, je préfère nettement Coup de foudre à Notting Hill ou quand Harry rencontre Sally. Et là je viens de voir Lost in Austen, bien que sympathique, ne fait pas forcément parti des films que j'ai envie de revoir. Je devrai bientôt découvrir the Jane Austen book club.

8) Qu'aimez-vous le plus chez Jane Austen ?
Ses happy end, quand je commence un de ses livres, j'aime cette certitude qui est que même si tout semble empêcher l'héroïne ou un des gentlemen d'épouser la personne qu'elle(ou il) aime à la fin tout rentra dans l'ordre et tout le monde aura une situation qui le satisfera. Après l'humour d'Austen, ce style qui présente les petits travers de la société d'une façon légère.

8) Avez-vous ce qu'on peut appeler une collection Jane Austen ? (inclure photos si vous le souhaitez)
Pas encore, mais avec le challenge, je suis en train de m'en constituer une avec les différentes adaptations ainsi que les livres d'Austen et ceux en relation avec son oeuvre, par compte je ne compte pas collectionner les éditions d'Austen, je vais me contenter de mes penguins, même si Gibert propose des éditions très sympa d'Austen.
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 15:52
northanger.jpgOui, je sais Stendhal et la Chartreuse de Parme, c'est postérieur mais je n'ai pas pu m'empêcher de faire un rapprochement entre Fabrice et Catherine Morland, car ils ont le même travers même si Fabrice est plutôt marqué par la Jérusalem délivrée du Tasse et rêve de haut-fait militaire et de noble camaraderie et Catherine plutôt par les romans gothiques d'Anne Radcliffe(faudrait que j'en lise un pour voir...), mais tous deux ont une tendance à confondre réel et fiction.
Mais peut-être faudrait-il un peu parler de l'histoire ? L'histoire est assez simple, Catherine est une jeune fille qui passe son temps dans les romans gothiques, qui est très naïve et innocente, et qui part avec les Allen passer quelques semaines à Bath, une ville thermale où elle fait vite la connaissance d'Isabella, puis des Tilneys, donc comme toujours l'histoire va tourner autour des couples qui se font et se défont et sur le parcours initiatique de l'héroïne qui va devenir un peu moins innocente et crédule qu'au début.

Catherine est sympathique mais ici l'intérêt du livre n'est pas vraiment dans le fait de savoir si elle va trouver l'amour mais plutôt dans l'humour du récit, qui est clairement une satire des romans gothiques et par endroit une défense du roman. C'est pour ça aussi que je pense à Stendhal, parce que dans les deux cas on a cette distance par rapport au héros ou à l'héroïne qui est introduite par les remarques du narrateur, remarques pleines d'ironie.  Le style fait aussi un peu penser à Scarron dans le roman comique ou à Jacques le Fataliste et son maître de Diderot, dans les moments où Jane Austen compare ce qu'elle aurait pu écrire et ce qui est la réalité de l'histoire.

Mais bon voici quelques extraits car tout ce que je pourrai en dire ne vaudra jamais le texte même :

Dans le cadre de la présentation de l'héroïne :

"But from fifteen to seventeen she was in training for a heroine ; she read all such works as heroines must read to supply their memoiries with those quotations which are so serviceable and so soothing in the vicissitudes of their eventful lives."


Petites descriptions des moeurs étrangères selon l'héroïne :

"Charming as were all Mrs. Radcliffe's works, and charming even as were the works of all their imitators, it was not in them perhaps that human nature, at least in the midland counties of England, was to be looked for. Of the Alps and Pyrenees, with their pines forests and their vices, they might give a faithful delineation ; Italy, Switzerland, and the South of France, might be as fruitful in horrors as they were represented. Catherine dared not doubt beyond her own country, and even of that, if hard pressed, would have yielded the nothern and western extremities."

Je trouve que le résumé de l'édition Penguin en dit trop sur l'histoire car il fait référence à quelque chose qui arrive vers les pages 150(pour un livre qui en fait 236...)ce qui fait qu'on perd un peu le suspens, car on devine déjà quel sens va avoir cette aventure. Sinon, je suis passée au nouveau penguin, c'est-à-dire les penguins vert et blanc entièrement en papier recyclable, mais bon ça n'a pas tout à fait le même charme que les anciens, j'avais un faible pour les couvertures avec illustration.

Sinon, nous voici arrivé dans la partie plus ou moins spoiler du billet, Catherine est une héroïne sympathique mais je ne rêverai pas d'être Catherine Morland(et non je ne me moquerai pas des personnes qui ont obtenu Catherine Morland au test facebook What jane Austen's character are you ?), Catherine est différente des grandes héroïnes Austénienne comme Elinor, Emma, Elizabeth, etc. car elle est naïve, innocente au point de ne rien connaître à l'art de faire la cour, de ne pas savoir lire les sous-entendus ou les raisons des actes de certains personnages, par rapport aux autres héroïnes elle n'a pas très brillante, elle serait plus proche du personnage d'Harriet Smith dans Emma, le caractère romanesque en plus mais ses déboires sont assez drôles, car elle est pleine de fraîcheur, par exemple quand elle ne comprend pas les raisons du comportement du capitaine TIlney ou d'Isabella. Elle se laisse facilement manipuler. C'est une héroïne de caractère médiocre, qui vit une histoire d'amour médiocre, l'opposé étant Marianne dans Sense & Sensibility qui serait plus une vraie héroïne, de celles qu'aimerait être Catherine, avec une histoire d'amour très romanesque avec sauvetage(bon d'accord c'est pas un sauvetage grandiose mais c'est un sauvetage à l'échelle du quotidien) mais c'est parce que Austen cherche à créer un décallage entre son héroïnes et les héroïnes gothiques, je dirai d'après une remarque qui est faite dans le livre(car je n'ai pas encore lu de critique donc je ne peux que spéculer avec ce que j'ai à ma disposition) que Jane Austen cherche à introduire avec ses romans des personnages et des histoires plus en accord avec la vie anglaise de la fin du 18ème siècle, c'est-à-dire quelque chose de plus réaliste.
 Catherine a un petit côté reflet du lecteur, car bon, nous ne nous attendons pas à découvrir un squelette dans une vieille abbaye, mais on aimerait toute quand même se retrouver à la place d'Amanda Price et obtenir Mr Darcy(moi je serai peut-être partie avec Bingley, parce qu'il fait moins niais que dans la version BBC) ou Whickam ou un des autres personnages Austénien, non ? Qui n'a jamais projeté Jane Austen sur la réalité, histoire de juger de la gent masculine ? On a là cette difficulté qu'il y a à s'arracher à la fiction pour embrasser une réalité beaucoup plus terne.

Sinon, ma question pour celle qui ont lu Northanger Abbey, pensez-vous qu'Isabella n'a jamais été sincère envers Catherine ou qu'il y a eu un peu de vérité dans cette amitié au début ?


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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 23:16
Comme je m'y attendais, je n'ai pas accroché à cette mini-série fondée sur Pride & Prejudice. L'histoire est assez simple Amada Price, fan de Jane Austen, qui ne cesse de relire Pride & Prejudice pour oublier un peu la misère de son quotidien, se retrouve nez-à-nez un jour, dans sa salle de bain, avec Elisabeth Bennet, car il semble qu'il y ait une sorte de porte magique entre la maison d'Amanda et celle des Bennet. Elisabeth ne reste pas cette fois-là mais lors de sa deuxième visite, Amanda se retrouve chez les Bennet et Elisabeth dans notre monde. Ce n'est pas un échange de personnalité, Amanda ne devient pas Elisabeth en passant la porte, du coup elle se retrouve obligée de trouver une excuse à l'absence d'Elisabeth et se présente comme l'amie d'Elisabeth. Elle découvre vite qu'elle a débarqué au début de l'histoire et donc les 4 épisodes vont montrer les efforts d'Amanda pour faire que les événements du livres aient bien lieu mais rien ne va se passer comme prévu...

Dans le détail, (nous entrons dans la partie spoiler du billet), je trouve le début très sympa, c'est-à-dire le moment avant le passage de l'autre côté de la porte, c'est certainement mon moment préféré, car on est encore dans la partie réelle(oui, je sais c'est l'hôpital qui se fout dans la charité, quand on ne verrait aucun inconvénient à voir débarquer Dracula dans sa chambre(oui, car Lestat est tombé très bas dans mon estime depuis ma lecture du dernier Anne Rice) ou qu'on spécule inlassablement sur le sexe d'un des personnages de Robin Hobb ou qu'on irait bien en rando dans la terre du milieu... on ne peut peut-être pas critiquer une histoire parce qu'elle a un côté fantastique..). J'aime l'héroïne au début quand elle tente de se faire une soirée en solo avec un verre de vin et Pride & Prejudice et après, y a son gros lourd de copain qui débarque bourré et la demande en marriage... c'est le côté si insatisfaisant de la réalité, ça renvoie si bien à mon propre rapport à Jane Austen(sauf que moi je n'ai aucun gros lourd pour partager mon existence, juste une société complètement hédoniste où ne pas vouloir se trouver de mec est une chose monstrueuse...).

Dans cette version j'aime beaucoup Mr Bingley, il a beaucoup plus de caractère, sa douleur est si adorable, moi  à la place d'Amanda j'aurai tout envoyé promener et j'aurai épousé Bingley.
Wikcham est un peu plus vil d'une certaine manière et Darcy beaucoup moins idéal bien que la manière dont il finit par conquérir Amanda est super. Le fait que Miss Bennet soit lesbienne est assez marrant.
J'aime bien Lydia et je trouve assez drôle qu'elle s'enfuit avec Bingley. Le fait que Darcy refuse Amanda une première fois sous le motif qu'elle n'est plus vierge est assez drôle(voilà un détail qui n'aurait pas arrêté le colonel Brandon), on aurait pu croire qu'à ce point de l'histoire il avait renoncé aux conventions dans ses projets de mariage. Je n'ai pas aimé Charlotte, je l'ai trouvé trop pitoyable, celle du livre (ou de la version Colin Firth) avait un petit quelque chose qui la rend désirable. Les aléas du couple Bennet sont un apport intéressant de la mini-série, avec Mr Bennet, homme d'un tel esprit a pu épouser une telle femme, mais surtout avec le moment où il décide de faire chambre à part à cause du mariage de Jane.

C'est sûr on a une jolie histoire d'amour, j'ame la fin car dans ce genre d'histoire l'usage est plutôt que chacun reprenne sa place de départ alors que le grand amour se trouve dans cet autre monde, c'est ce qui se produit dans Vision d'Escaflowne et dans le Voyage de Chihiro, au moins là Amanda finit avec Darcy et fuit la médiocrité de nortre monde mais je reste peu portée sur le mélange entre notre monde et la fiction, j'ai l'impression que ça rend la fiction encore plus irréaliste et ça ne me fait pas rêver, c'est trop imparfait, essentiellement parce que je sais que non, une telle chose ne pourrait avoir lieu dans ma salle de bain(de toutes manières il n'y  a pas la place). Je n'ai pas aimé Elisabeth Bennet, je l'ai trouvé trop égoïste et en fait pas du tout proche du roman. Les acteurs étaient bons mais je n'ai pas accroché à l'histoire et Colin Firth restera mon Mr Darcy.


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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 03:47
Eh voilà, ma liste de personnage de fiction que je veux épouser s'allonge, après Mr Darcy et le Colonel Brandon, je suis tombée sous le charme de Mr Knightley ou pour le dire autrement je viens de finir ma lecture Emma et voici enfin mon article sur la question, après les deux articles précédents consacrés à des réflexions qui me sont venues durant ma lecture :   Accro aux Happy end et On a tous en nous quelque chose d'Emma .
Lorsque sa gouvernante se marie, Emma Wodehouse dit à qui veut l'entendre qu'elle avait prédit ce mariage. Sa réussite en cette occasion la pousse à vouloir essayer de jouer les marieuses, sauf que la petite communauté d'Highbury comporte assez peu d'éléments notables pour tromper son ennui. Elle jette donc son dévolu sur la douce et simple Harriet Smith, qu'elle admet dans son intimité, et met tout en oeuvre pour faire naître un attachement entre elle et Mr Elton, le révérend de la paroisse. Mais l'esprit d'Emma n'est peut-être pas si pénétrant que ça, quand il s'agit d'histoire de coeur, comme la suite le démontrera.
J'ai eu énormément de mal à me mettre dans l'ouvrage, la lecture des cent premières pages fut pénible mais une fois passées ces cent premières pages, j'ai accroché et je me suis mise à vraiment apprécier l'histoire et bien sûr j'ai adoré la fin.

Mon problème est avec le début, l'intrigue commence très lentement et il faut attendre cent pages avant que tous les protagonistes soient entrés en scène et je n'ai pas sympathisé avec l'héroïne, c'est un peu comme Marianne, c'est un personnage avec lequel je n'ai pas d'affinité et avec lequel je ne me suis attachée que sur la fin, c'est-à-dire quand elle a mûri, en soi je ne dévoile rien, puisque les héroïnes d'Austen ont toujours un tord dont elles vont se défaire à la fin, c'est le côté initiatique de l'histoire.
L'autre aspect que j'ai mentionné dans un précédent article, c'est qu'on ne peut pas deviner le happy end dès le début, les conjectures qu'on peut former sont que l'héroïne va revenir sur ses projets de célibat et va elle aussi subir les attentions de Cupidon,  car c'est toujours comme ça que ça se passe mais aucun objet ne s'offre à nous dans la première partie du texte et donc c'est le moment de doute, l'histoire ne va tout de même pas tourner autour des amours d'Harriet ?

Si j'avais eu des affinités l'héroïne, peut-être que j'aurai plus apprécié le début, donc si vous avez aimé le début, je serais ravie de connaître vos réactions.

Paradoxalement, j'aurai dû m'entendre avec ce personnage, car quand elle dit "I have none of the usual inducements of women to marry. Were I to fall in love, indeed, it would be a different thing ! but I never have been in love ; it is not my way, or my nature ; and I do not think I ever shall." et ensuite décrit les avantages matériels de sa situation et sa liberté, ça rejoint assez mes propres discours sur le célibat mais voilà, la ressemblance s'arrête là, je trouve le personnage égoïste et snob.
Son snobisme est constant, elle est toujours en train de mesurer la distance sociale entre elle et le voisinage, à chercher les offenses qui lui sont faites dans leur manière de s'adresser à elle et de l'autre, on a l'égoïsme. Vous me direz peut-être que je suis dure avec elle, après tout elle prend soin de son père et ça demande beaucoup de sacrifice. Certes, mais en échange, elle reçoit son affectation aveugle, car il est incapable de lui voir le moindre défaut et son propre égoïsme fait qu'elle n'a pas besoin de se trouver un mari et qu'il seconde ses projets d'indépendance. Mais la raison pour laquelle, je la considère comme égoïste c'est à cause de Mrs Weston et d'Harriet : sa gouvernante se marie, du coup elle se retrouve seule et est en manque d'occupation donc elle prend sous son aile une pauvre orpheline, chamboule son existence en lui donnant des idées de grandeur qui ne conviennent pas à sa naissance illégitime, tout ça parce qu'elle a besoin de fuir sa solitude et de se trouver une nouvelle personne pour lui tenir compagnie à son gré. Ma vision du comportement d'Emma rejoint en général les critiques exprimées par Mr Knightley, je trouve que sa relation avec Harriet est malsaine, car ce n'est pas une relation entre égaux.
Le père ne m'a pas plu non plus, c'est l'hypocondriaque qui oblige tout le monde à se plier à ses caprices, qui pense que tout le monde a les mêmes besoins que lui ou plus exactement qui considère que tout le monde devrait mener la même vie que lui. Du coup, j'ai énormément sympathisé avec le frère de Mr Knightley, car c'est la seule personne dans le livre qui ne se plie pas complètement aux caprices du vieillard et qui lui exprime son agacement, et on le comprend. John Knightley est un personnage avec lequel je m'identifie énormément, il veut simplement qu'on lui fiche la paix et pouvoir jouir de la compagnie de ses enfants après une journée de labeur.

Les travers de ces deux personnages sont tout de même amusant, je n'ai pas pu m'identifier à l'héroïne et sympathisé avec ses problèmes mais j'ai pu m'amuser de son snobisme excessif ou des manies du père mais au début, on a un peu peur de se retrouver limité à leur compagnie pendant les 300 prochaines pages... mais après le cercle s'élargit et l'on retrouve le style de Jane Austen qui met au jour les petits travers de la société, parvient à nous transmettre l'impression qui émane des discours de Miss Bates, la vieille fille qui noie ses visiteurs sous des flots de parole, ou la vulgarité de Mrs E. qui me fait énormément pensé à mr Collins car ses références constantes à Maple Grove, la demeure de sa soeur et ses remarques sur à quel point tout y mieux ont le même ridicule que quand Collins ne cesse de tout comparer à la demeure de Lady Catherine. La peinture des personnages secondaires est très savoureuses car on en retrouve tous les petits ridicules et des types qui sont immuables.


Comme je le disais, au début j'ai été sous le charme de Mr Knightley(le fait d'avoir jeté un coup d'oeil sur un article de blog sur Emma quand j'essayais de venir à bout de mon ennui des premières pages n'y est pas étranger) et j'aime énormément sa conduite tout le long de l'histoire, mais je n'en dirai pas plus, à vous de découvrir ce livre maintenant.

 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 02:49
Je viens enfin de mettre le doigt sur la raison de mon goût pour Austen, ce petit quelque chose que m'avait apporté Pride & Prejudice et que je ne parvenais à définir. En effet, j'apprécie Terry Pratchett, les Héraults de Valdemar, Robin Hobb mais les sensations procurées par ces livres sont différentes et ne comblent pas un manque qui est comblé par les romans de jane Austen.

En lisant Emma, j'ai finalement compris. J'ai mis du temps à me mettre dans Emma(mais j'y reviendrai dans mon prochain billet) mais une fois, que j'eus découvert qui serait l'homme de l'histoire, mon attention a été tournée vers ce quelque chose et j'ai réussi à me mettre dans l'histoire.
Voilà, le secret de mon goût pour Austen ce sont les happy ends, car quoiqu'il arrive, on sait qu'à la fin tout sera remis dans l'ordre, toutes les jeunes femmes à marier auront trouvé chaussures à leur pied et surtout seront satisfaites de la-dite chaussure, car personne n'est marié par dépit. Les personnages qui semblaient réfractaires Le problème est de savoir où regarder pour le happy end, c'est ce qui fait que j'ai eu du mal à me mettre dans Emma car on ne peut pas deviner dès les premiers chapitres comment va tourner l'histoire alors que dans Sense & Sensibility et Pride & Prejudice, on peut repérer assez vite quels seront les couples du happy end.
A chaque fois, il y a des obstacles terribles, des sentiments qui n'ont pas l'air partagé, des personnages engagés avec d'autres, bref toutes sortes d'élément qui donnent l'impression que le happy end est impossible mais on sait qu'il aura lieu, on peut faire confiance à Jane Austen, donc on suit l'histoire, on cherche à repérer les signes, voir ce qui pourrait permettre à la situation de se retourner. Et à la fin, le happy end a lieu, lui que l'on a tellement entendu, dont on a parfois desespéré, mais il est là et il nous apporte son petit nuage de bonheur, car finalement tout a trouvé sa place.
Je me rends compte qu'arrivé à mon troisième ouvrage de Jane Austen, je suis devenue très dépendante de ce happy end, il me le faut, je ne pense pas que je supporterai qu'un de ses ouvrages n'ait pas un de ses happy end. C'est le principe du conte de fée, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant, l'histoire s'arrête avec le mariage et ainsi on est libre d'espérer que tout continue d'aller bien... imaginer le côté déprimant d'un récit de l'après, avec Mr Darcy devenu indifférent envers Elisabeth au bout de 10 ans de mariage, le colonel Brandon veuf ou Emma ayant trahi les espoirs que l'on pouvait avoir de son amélioration... Le happy end de Austen c'est ma petite bouffée de bonheur, c'est croire pendant quelques heures que tout peut aller bien, qu'en fait la vie ça ne craint pas, que tout n'est pas médiocrité et dans cet aperçu d'un bonheur complètement irréaliste, j'oublie à quel point en fait je déteste ma propre vie, car qu'y a-t-il de réellement désirable dans ma vie ? Moi personnellement j'aurai préféré un autre paquet... bref je pense que je vais continuer à me plonger dans Jane Austen car, même si ce n'est pas toujours facile de se mettre dans l'histoire, la fin rachète tout et je ne vois pas pourquoi je devrai me refuser un peu de bonheur artificiel.
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Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
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Interesting Time p.19
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Le Huitième Sortilège p.87
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La huitième Couleur p.91
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
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'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
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'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
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"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
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"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

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Malakos is here too !!!

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Bienvenue au sein de la vallée des grenouilles séchées,  blog d'une prof de lettres classiques fan de Star Trek et de Terry Pratchett.
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Jusqu'ici j'ai peu avancé.

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Le Silmarillion

The Fellowship of the Ring

The Two Towers

 

L'adieu au Roi, chansons pour J.R.R. Tolkien

Beowulf

 

 

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