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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 00:49
Après m'être abondamment plainte de ce livre sur mon blog et ceux d'autrui, il est temps que je vous en parle.

J'ai voulu lire ce livre afin de découvrir la source d'inspiration de Jane Austen, j'ai choisi the Romance of the Forest plutôt qu'Udolpho, parce qu'il s'agit du livre qu'Harriet Smith recommande à Mr Martin dans Emma et que ce pauvre Mr Martin n'a d'abord pas eu le temps de lire. Quand j'avais lu Emma, je ne pensais pas du tout qu'un tel livre pouvait être un roman gothique, ce qui a piqué ma curiosité quand j'ai découvert que c'était un Ann Radcliffe. Le livre compte 26 chapitres et dans mon édition 380pages, j'en suis au chapitre XII, page 198 et je suis incapable d'aller plus loin tant ce livre m'ennuie. J'ai donc décidé de l'abandonner, même s'il n'est pas dans mes habitudes d'abandonner un livre(ce qui explique pourquoi je choisis rarement un livre sans être sûre qu'il a de quoi me plaire, c'est-à-dire au minimun un mage ou des épées), j'entame beaucoup de livres, que je suis capable de ne pas rouvrir pendant longtemps mais qui ne rentre pas dans la catégorie abandon, car j'ai toujours l'espoir d'y revenir à un moment, mais cela s'applique plutôt à des livres historiques ou de poésie.

L'histoire, la voici
: Adeline est une malheureuse jeune fille, très dévote, très vertueuse(la Justine de Sade avec une constitution beaucoup plus fragile), toujours à essayer de se comporter de façon irréprochable, mais dont le père n'est pas aimant et se révèle peu gracieux quand sa fille refuse de prendre le voile, allant jusqu'à employer des bandits pour se débarasser d'elle mais ceux-ci changent d'avis et décident de la refiler au premier voyageur venu qui se trouve être Monsieur de La Motte, qui pour échapper à la justice, a fuis Paris avec son épouse. Les La Motte se prennent d'affection pour Adeline et donc l'emmène avec eux dans leur exil. Leur route finit par les amener à une abbaye en ruine au coeur d'une forêt où La Motte décide de s'intaller. Mais l'abbaye cache de terribles secrets et la beauté d'Adeline attire sur elle l'attention du Marquis de Montalt, propriétaire de l'abbaye, bien décidé à la mettre dans son lit.

Le mystère qui plane sur l'abbaye ne m'a pas du tout captivé et les déboires de notre héroïne encore moins, peut-être ais-je été perverti par Sade... franchement je préfère Justine ou les infortunes de la vertu, au moins il se passe des choses dans les bois et Sade nous donne de vrai raison de nous inquiéter pour l'héroïne, alors que là, il ne se passe jamais rien, les tentatives contre la vertu de la jeune femme n'aboutissent pas et elle est d'une gentillesse affligeante.

Voici un petit extrait où l'héroïne est malheureuse parce que Mme de La motte fait preuve de froideur envers elle, pour que vous compreniez pourquoi je n'en peux plus :

"Adeline had retired to her chamber to weep. When her first agitations subsided, she took an ample view of her conduct; and perceiving nothing of which she could accuse herself, she became more satisfied, deriving her best comfort from the integrity of her intentions. In the moment of accusation, innocence may sometimes be oppressed with the punishment due only to guilt; but reflection dissolves the illusion of terror, and brings to the aching bosom the consolations of virtue."

Cependant, ce livre présente un intérêt relativement à Northanger Abbey de Jane Austen, car la scène où Catherine part en quête d'un manuscrit mystérieux est une parodie d'un des épisodes de The Romance, si vous voulez jeter un coup d'oeil à la scène originale, c'est dans le chapitre VIII et la lecture du manuscrit s'étend jusqu'au chapitre IX où se déroule l'épisode où l'héroïne a peur de regarder dans le mirroir.

The Romance of the Forest
est donc un livre dont l'histoire ne m'a pas du tout passionné et dont j'ai trouvé l'héroïne extrêment fade.
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 00:33
Comme vous l'aurez constaté, je suis de retour cette semaine dans l'univers de Jane Austen, mais pas forcément pour mon plus grand plaisir, car mis à part Sense & Sensibility d'Ang Lee que j'ai revu la semaine dernière, je n'ai pas été très gâté entre Suspense & Sensibility et le film que j'ai regardé ce mercredi: l'adaptation de 1940 de Pride & Prejudice. C'est donc de ce film que je vais maintenant vous parler en détail(attention, article bourré de spoiler).

Il faut d'abord dire qu'il s'agit d'une comédie, ce à quoi je ne m'attendais pas forcément et qui m'a peut-être empêché de rentrer dans le film, qui n'était pas d'une grande profondeur psychologique. L'intrigue amoureuse était écourté en faveur des scènes comiques. Ainsi le film commence par une longue scène nous montront comment Mrs Bennet après l'arrivée du nouveau locataire de Netherfield et qui est là pour sa valeur comique, vu que tout commence dans une boutique d'où l'on va apercevoir l'arrivée de nouveaux gentleman et les différentes tentatives pour en apprendre davantage et qui finit par se solder par une course d'attelage entre la famille Bennet(après que Mrs Bennet soit parvenu à rassembler toute sa progéniture comme une mère poule) et Lady Lucas, qui rentrent chacune informé leur époux de la bonne nouvelle et essayer de l'obliger à être le premier à rendre visite à Charles Bingley.

Du coup, faute de temps, exit toute la visite de Lizzie dans le Derbyshire, la fuite de Lydia avec Whickam a lieu lors du retour de Lizzie de sa visite chez les Collins, ce qui fait que l'on passe directement du refus de Lizzie d'épouser Darcy à son aveu à Jane de l'amour qu'elle lui apporte. Pas vraiment de revirement amoureux, le fait de ne plus pouvoir avoir Darcy lui révèle ses sentiments, qu'elle avait en fait pour lui dès le début(oui, parce qu'en plus avec le jeu des deux acteurs, j'ai eu du mal à voir vraiment cette opposition qui est sensée exister entre les deux.), du coup j'ai plus l'impression que son refus d'épouser Darcy est plutôt digne du Cid, où elle ne peut pas l'épouser parce qu'il a été cause du malheur de sa soeur et donc son devoir l'oblige à le refuser.

Par contre la toute fin à un côté très sympa, (attention, je vais vraiment vous raconter les dernières minutes du film auxquelles on ne s'attend pas du tout, donc si vous voulez vous garder un peu de surprise si un jour vous voyez le film, il est encore temps de passer au paragraphe suivant) la surprise des dernières minutes est que l'on parvient à marier tout le monde, ou plus exactement, Mr &Mrs Bennet après avoir la joie de découvrir que Mr Darcy aime Lizzie, s'apperçoivent que les deux filles qui leur reste sont en train d'être courtisé, ce qui reprend une prédiction de Mr Bennet que je vous ai mis plus bas dans les citations, et qui est agréable, Kittie finissant avec Denny et Mary ayant trouvé un homme qui aime sa musique et qui est certainement son égal sur le plan intellectuel, ce qui finalement mieux que ce qu'elle aurait pu avoir si Mr Collins s'était aperçu de son existence. Je trouve ça très bien pour Mary car finalement, c'est un personnage dont je ne peux que me sentir proche avec ses lunettes, son goût pour les livres et son peu d'intérêt pour les frivolités, donc je suis contente qu'elle ait trouvé le bonheur, même si on peut dire que la fin est un peu tout much, de l'harlequin avant l'heure(oui, je n'ai toujours pas oublié l'épilogue d'audacieuse invitation), entre Lady Catherine qui n'est pas l'affreux dragon que l'on croyait mais la tante chérie de Darcy que Darcy envoie faire une scène à Lizzie histoire de voir si la voie est libre pour une nouvelle demande en mariage, et qui en fait aime bien Lizzie et est très heureuse pour Darcy (je préfère l'odieuse Lady Catherine, elle est plus drôle), Whickam qui est devenu riche et donc Lydia qui débarque avec des serviteurs en livrée(apparament Darcy a décidé de lui allouer une rente) et le sort des autres filles Bennet.

Du point de vue des acteurs, j'ai eu du mal avec toutes les actrices, j'ai découvert que la plupart était bien plus âgée que les personnages qu'elles interprêtaient, ce qui expliquerait peut-être mon sentiment de gène, accompagné du fait que Charlotte Lucas n'est pas laide, ce qui fait qu'il est un peu plus difficile de comprendre ce qu'elle a de moins que les filles Bennet. Jane n'est pas assez ingénue à mon goût et je n'ai pas non plus aimé Lady Catherine, le fait que l'actrice était particulièrement laide avec sa grosse perruque et ses vêtements trop larges n'aidait pas. Laurence Oliver m'a particulièrement déçu même si je pense que je ne suis pas impartiale et qu'une des raisons qui a fait que je n'ai pas apprécié son jeu est qu'il diffère trop de celui de Colin Firth, mais ça ne doit quand même pas être que ça(même si ce ne serait pas une première, vu que c'est ce qui s'est produit pour Alan Rickman en colonel Brandon), je trouve le Darcy de Laurence Oliver trop joyeux, il ne dissimule quasiment pas le plaisir qu'il a en présence de Lizzie et il est difficile de le trouver hautain, en gros sa hauteur tient finalement essentiellement dans sa froideur vis-à-vis de Wickham. Aussi un autre point et ce n'est pas du tout la faute de Laurence Oliver mais je trouvais qu'il ressemblait à Patrick Macnee aka John Steed, et du coup l'image du jovial John Steed associé à Mr Darcy, n'a rien fait pour aider.

Par contre, dans les rôles secondaires, j'ai eu de très bonnes surprises, certains rôles étant joué bien mieux qu'ils ne le seront dans la version 95, 2005 ou Lost in Austen. Je suis tombée sous le charme de Wickham(sur la photo à droite), lui, je conçois que l'on puisse tomber dans le panneau, il a des manières, il est séduisant et au premier abord, il ne fait pas trompeur. Bingley était aussi remarquable, c'est la première fois que je vois quelqu'un ne pas le jouer comme un imbécile, ce que je reproche aux autres films, car qu'il suive les conseils de Darcy, ne veut pas dire qu'il est un peu simplet, personne n'est allé se faire cette idée d'Anne Eliott, or pourquoi une telle image doit-elle collé à Bingley. Bref je trouve Bingley très agréable. Mary est aussi très bien rendue, c'est agréable de voir l'effort fait pour la rendre de façon positive, sa manière de chanter est atroce mais ce n'est pas non plus laideron, j'aime beaucoup la scène du début où on la voit chez un vendeur de livre rare toute enthousiasmée parce qu'elle a trouvé le livre qu'elle cherchait.

Une mention particulière doit revenir à l'interprète de Mr Collins, que j'ai trouvé bien meilleur que David Bamber. Bamber joue un Collins vraiment repoussant alors que Melville Cooper arrive à rendre tout le ridicule du personnage du à son côté snob et flatteur, sans tomber forcément dans l'excès, on se retrouve face à un homme normal sans grande dimension, ce qui convient à merveille, Mr Collins est en fait quelqu'un de très plat et aussi de très mesuré quand il ne fait pas de bourde, ce n'est pas un passionné, ni un homme porté sur les plaisirs physiques. J'aime énormément quand on nous le montre en train de détaller après l'échec de sa demande en mariage parce qu'il est alarmé par Mrs Bennet qui décrit sa fille comme obstiné et que du coup, Collins réalise qu'Elizabeth n'est pas du tout l'épouse qu'il lui faut(et que Lady Catherine ne va pas l'approuver). Le seul point négatif est que l'acteur est trop vieux pour le rôle.

Dans la série des rapprochement fâcheux, il y a eu aussi la ressemblance que j'ai trouvé entre Mr Bennet et plus tard, l'acteur qui jouera Alfred dans les batman. Sinon Mr Bennet a des répliques très savoureuses, car on lui en a rajouté par rapport au livre, puisqu'il fait parti des personnages comiques du film. Voici deux citations assez géniales de Mr Bennet, la première,
lorsque Jane est tombé malade et que Lizzie est partie la rejoindre :

"Well, we're hoping Elizabeth can manage to catch a cold of her own and stay long enough to get engaged to Mr. Darcy. Then, if a good snowstorm could be arranged, we'd send Kitty over. But if a young man should happen to be in the house - a young man who likes singing, of course, who can discuss philosophy - Mary could go. Then, if a dashing young soldier in a handsome uniform should appear for Lydia, everything would be perfect, my dear."

la seconde issue du début :

"Mrs Bennet : Look at them! Five of them without dowries. What's to become of them?
  Mr Bennet :Yes, what's to become of the wretched creatures? Perhaps we should have drowned some of them at birth. "


Pour finir, un dernier point posait problème : les costumes, comme vous avez peut-être pu le constater sur les différentes photos. Il semblerait d'ailleurs, que pour des raisons financières, ils se soient servis des costumes d'autant en emporte le vent, ce qui, quand on a l'habitude du côté soigné des films en costumes de notre époque, est choquant. Aussi, je pense qu'un aspect qui m'a gêné est que les personnages ne sont plus comme on a l'habitude de les voir, car en fait le film est à mon avis influencé par les rapports entre hommes et femmes à la fin des années 30, du coup Lizzie n'est pas tout à fait comme dans les années 90, tout comme la manière des gentlemen.

Ma conclusion sera que c'est un film qui a mal vieilli mais qui, à la différence d'une certaine version de Mansfield Park,
n'est pas complètement mauvais ou en contradiction avec Jane Austen. Je me suis un peu ennuyée mais je n'ai pas détesté.

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 13:17
Les Darcy ont la poisse, après avoir vu leurs projets de lune de miel tombés à l'eau à cause du mariage de Miss Bingley et des événements paranormaux qui y ont été lié, les voici obligés de quitter Pemberlay pour chaperonner Kitty pour sa saison à Londres. Tout au départ se passe bien, Kitty réussit à faire tomber sous son charme le jeune Harry Dashwood mais voilà, après la demande en mariage de Harry, son comportement se met à se dégrader et il se met à imiter son ancêtre Henry Dashwood, le pire des libertins. Est-ce là simplement de l'émulation et le révélateur d'une prédisposition à la débouche chez Harry ou le signe d'éléments beaucoup plus mystérieux liés à un étrange miroir ? Voilà, le mystère que Lizzie avec sa sensibilité envers les phénomènes paranormaux va devoir résoudre.


J'ai moins détesté ce livre que le précédent, Pride & Prescience, car là, au moins l'histoire de départ est crédible, Kitty qui essaie de se trouver un mari puis la dégradation du comportement de ce jeune homme, alors que dans le précédent c'était Mis Bingley qui annonçait au mariage de Lizzie et Darcy qu'elle allait se marier quinze jours plus tard avec un américain, alors que dans Pride & Prejudice, il n'est nullement question d'un événement venant perturber leur mariage tout comme on image la snob Miss Bingley accepter d'épouser un américain et de cette manière, ça manque vraiment de goût. Alors que là, c'est sympa, parce qu'on retrouve le petit
Harry Dashwood de Sense  & Sensibility, devenu un jeune homme, car presque quinze ans se sont écoulés depuis S&S, mais on retrouve ainsi Fanny Dashwood, Lucy Ferrars, Elinor et Edward, brièvement Marianne et Mrs Dashwood.
En plus, là, le paranormal est plus acceptable car il évoque un peu le portrait de Dorian Grey, ce qui est tout de même plus acceptable qu'une bague mystérieuse.
Dans l'histoire, on a aussi le désir de Lizzie d'avir des enfants et son inquiétude parce qu'au bout de quatre mois, elle n'en a toujours pas, mais ça ne m'a pas passionné, car c'est un problème qui fait partie de l'intrigue d'Emma & Knightley de Rachel Billington, donc ça a perdu, pour moi, son originalité.

Parmi les aspects très négatifs, il y a le fait que l'écriture de Carrie Bebris est très terne donc on pourrait remplacer le couple Darcy par n'importe quel couple Austénien sans que ça change grand chose à l'histoire, car Darcy et Lizzie sont vaguement reconnaissable mais l'usage qu'en fait Brebis fait que ce ne sont plus nos chers personnages de P&P, et d'ailleurs Elinor et Edward sont dans la même situation. En plus de ça nos personnages passent leurs temps à parler du ton, or il n'en est jamais question chez Austen, pourtant certains des personnages ont l'occasion de faire un séjour à Londres.

Les intrigues sont assez invraisemblable, puisque la série nous montre une succession de phénomènes paranormaux qui viennent bouleverser la petite vie de couples des Darcy.

Ce qui m'irrite le plus ce ont les citations des éloges qu'a reçu le livre et qui en orne la couverture. L'une dit "Jane Austenfans who regret the author wrote only six full-lenght novels have reason to rejoice." or le seul rapport avec Jane Austen ce sont les personnages principaux, parce que du point de vue du style ou de l'histoire, ça n'a strictement rien à voir avec du Jane Austen. Anne Perry a certainement plus de rapport avec Jane Austen que Carrie Bebris. Le fait que l'auteur se soit documenté sur la période ne veut pas dire qu'il y a fidélité à l'auteur.

Je suis donc extrêmement déçue par les Mr & Mrs Darcy Mystery et je n'en lirais pas d'autres, d'autant que North by Northanger va nous offrir une plongée dans le passé de la famille Darcy et donc promet un nombre d'invraisemblance assez élevé.
 
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 21:29
Mr Knightley songe au mariage mais ses recherches sont vaines, car les jeunes femmes qu'il rencontre sont charmantes mais sans jamais réussir à lui faire éprouver de l'amour, et Mr Knightley veut un mariage d'amour, sans cela, il ne se mariera pas et fera de son neveu Henri son héritier. Mais voilà toutes les jeunes femmes lui semble bien terne par rapport à sa voisine, la jeune Emma Woodhouse, qui ne cesse de jouer les marieuses pour le plus grand agacement de Mr Knightley...

"Tuesday 22 September

I was very sorry to have to tell Weston that I will miss his wedding, as business calls me to town, but I am looking forward to seeing John and Isabella again. I can hardly believe it is seven years since they married. It seems like only yesterday they were courting, and John was neglecting everything in favour of walking over to Harfield to see her. It was fortunate for him that he found a wife so near. She could hardly have been nearer ! And now they have five children. It is, perhaps, time that I, too, thought of taking a wife."


Voici donc ma première incursion dans les Diary d'Amanda Grange et je dois dire que j'en suis contente, bon ça n'a pas non plus l'ethousiasme d'Emma & Knightley mais c'est parce que dans Emma & Knightley, alors que là, on sait déjà à l'avance la fin et les éléments principaux de l'histoire. Il y a cependant quelques suprises et j'ai pris un grand plaisir à suivre Mr Knightley.


D'abord la première moitié, Amanda Grange nous fait très bien sentir quels sont les vrais sentiments de Knightley, tout en nous montrant à quel point lui n'en est pas conscient. C'est merveilleux de le voir s'acheminer doucement vers la découverte de ses vrais sentiments puis basculer dans la jalousie et surtout le désespoir parce qu'il croit qu'Emma est amoureuse de Frank Churchill. Donc la deuxième moitié est donc tout aussi bonne car Amanda Grange sait nous communiquer les sentiments du personnage sans pour autant en faire trop, l'essentiel passe dans les moments où Knightley s'imagine quel bonheur ce serait s'il était marié à Emma, ce qui contraste avec le fait qu'il la croit complètement hors d'atteinte.

Le regard que Knightley porte sur les autres personnages est intéressant, parce qu'il lui arrive, par exemple, d'être agacé par Mr Woodhouse, puis par Mrs Elton, mais tout en étant trop bien éduqué pour laisser échapper quoi que ce soit. Ses interrogations sur l'avenir d'Emma sont aussi très intéressante. Ce livre n'a finalement pas les longueurs d'Emma, car les cent premières pages sont un peu trop ennuyeuses, surtout que j'étais agacé par le fait que personne n'envoyait promener Mr Woodhouse ou par la conduite d'Emma vis-à-vis d'Harriet Smith. ALors que là, Knightley est un peu du même point de vue que moi.

Amanda Grange introduit quelques nouveaux personnages qui sont d'autres membres du voisinage d'Highbury et qui font partie des connaissances de Knightley qui, comme il n'a pas le snobisme d'Emma, n'hésite pas à avoir des amis d'un rang inférieur au sien.

L'autre aspect intéressant c'est qu'on a le droit au remarque de Knightley sur son propre comportement et où du coup on découvre ses propres efforts pour se comporter toujours en gentleman et sa sensibilité vis-à-vis de tels manquement.

Concernant mon avis sur la fin, si vous voulez savoir les changements introduits, vous n'avez qu'à surligné le passage suivant pour qu'il apparaisse : 1er changement auquel on s'attend un peu mais sans trop y croire puisque ce n'est pas dans le livre, c'est que Miss Bates épouse une des connaissances de Knightley, j'ai toujours trouvé que la fin d'Emma laissait un peu à désirer du point de vue de Mr Woodhouse que j'aurais bien vu marié à Miss Bates mais ici l'idée que quelqu'un d'autre l'épouse est déjà bien car Austen nous souligne dans la situation de Miss Bates donc je trouve que ça renforce le happy end(mais ne vous inquiétez pas, c'est très bien amené, on a même une raison qui explique pourquoi ce n'est pas mentionné dans Emma. le second changement c'est qu'Emma finit par appeller Knightley George après les voeux à l'Eglise, ce qui est aussi très sympathique, car c'est un peu insatisfaisant le fait qu'elle ne l'appellera jamais George si ce n'est à l'Eglise. C'est pas comme pour Mr Darcy, George, ça se porte comme prénom. Le troisième changement c'est que Mr Knightley embrasse Emma lors de la demande en mariage.

Sur la question de la présence ou non de baiser au moment de la demande en mariage, j'en suis venu à me demander si le baiser à ce moment-là n'était pas possible en vrai et que Austen ne le mentionne pas, simplement parce que ça fait partie des choses dont il ne convient pas de parler, parce que c'était effectivement une chose qui ne devait pas etre permise par la morale. Cependant cela signifie-t-il que quand il s'agit d'un couple très amoureux, la chose ne se produisait jamais ? A votre avis, si la princesse de Clèves avait accepté d'épouser Mr de Nemours, l'aurait-il embrassé ?

Dans les petits bémols, il y a ce point que Lou m'a fait découvrir et qui est le fait qu'Amanda Grange n'est pas toujours parfaitement cohérente dans son choix de rédaction du point de vue des temps, et il arrive effectivement qu'à des moments où l'on aurait trouvé le présent, on trouve un passé. ça n'arrive pas trop souvent dans le livre et ça ne m'a dérangé, ce qui fait partie des raisons pour lesquelles je lis en anglais, c'est que je suis beaucoup moins sensible aux fautes de style ou à sa pauvreté(ce qui fait d'ailleurs que je ne supporte pas de lire Harry Potter en français.)

C'est donc un livre qui m'a plu et qui me donne envie de lire la suite, donc il y a de grandes chances pour que d'ici la fin de l'été je mette la main sur Colonel Brandon's Diary(mais pas tout de suite car il faut être raisonnable, j'ai déjà quelques urgences dans ma pal et je suis en train d'acheter mes bouquins de philo).

PS: la couverture de mon édition est la première, je n'ai pu résister à la tentation de prendre celle qui ressemblait le plus à mon édition d'Emma & Knightley.

Edit : j'ajoute ici quelques extraits histoire de permettre à chacun de se faire une meilleur idée du style.

"Wednesday 23 September
(...)As he talked, I watched Emma and wondered what is to become of her. She is of an age to be married, but she spends her life with people who are so much older than she, that she is never likely to meet a husband. And if she does, I do not know if she will wish to marry. She is too comfortable where she is. Her father is easy to please and she can do as she likes with the household. A husband will have his own views, and Emma is likely to take to that way of living.
But if she does not marry, what then ?"


"Thursday 4 March
I found the Westons at Harfield this morning about Frank. I did not want to speak of him, but I could not very well leave, so I took up a newspaper and studied it intently.
'I told you he would come!' said Mr Weston. 'Did I not say that he would be with us in the spring ? I knew how it would be. As soon as Mrs Churchill could spare him, he came straight away, and he is very glad he did. He told me so himself.'
Weston turned to Emma.
'He admired you greatly,' he said.
So! He had seen Emma. I gave a harrumph behind my newspaper. It was a remark which could not fail to please her - or to add to her vanity.
'He thinks you very beautiful and charming,' said Mrs Weston.
If anything was destined to make Emma even more conceited than usual, it was the arrival of Frank Churchill! What hope is there for her better nature to develop if she is constantly surrounded by flattery? I am sure the Westons mean Emma to marry him. That was where all these remarks about her beauty and her charming nature tended.
If Mr Woodhouse could have understood the treachery being conducted under his very nose, he wouldhave immediately sent for Perry!"

"Saturday 13 March
I have been punished for my gracelessness, for I find that Emma's happiness is to be lost. Frank Churchill has had a letter from his uncle saying that his aunt is unwell, and that he must go home. I am sure the letter had more to do with his aunt's selfishness than any illness. She could not bear to think of her nephew enjoying himself, that was all.
And I, I am almost as bad, for I could not bear to think of it either. It was a warning to me, indeed, not to let bad temper rule my life."


Désolé pour la longueur, en tous cas, j'espère, Lou, que ça t'aura un peu éclairée mais je peux toujours rajouter un extrait issu de la partie où il a réalisé quels étaient ses vrais sentiments, si ça ne suffit pas.
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 23:16
Je viens de regarder the Jane Austen Book Club et j'en retire une impression mitigée. Le film est agréable mais il y a un certain nombre d'écart, car je suspecte la réalisatrice d'avoir opté pour l'idée que Bernadette(à gauche) était le narrateur et donc j'ai trouvé le personnage différent de ce qu'il était dans le livre, car dans le livre, elle se laissait aller, ce qui se voyait par ses cheveux et ses vêtements, elle semblait un peu à côté de la plaque. Or là elle récupère une partie du rôle de Jocelyn, c'est elle qui est à l'origine du Book Club et c'est elle qui recrute Prudie, alors que dans le livre, c'est Jocelyn. Je trouve donc que le personnage de Bernadette est très édulcorée dans le film.

Concernant Jocelyn incarnée par Maria Bello, elle ne correspondait pas à l'image que je me faisais du personnage, que j'imaginais plutôt comme lady Sybill Ramkin(qui, elle, élève des dragons dans les annales du Disque-monde), je l'imaginais donc plus massive avec un moins bon goût vestimentaire, c'est sûr que du coup, on comprend mieux pourquoi Griggs lui court après.

Sylvia est joué par Amy Brenneman qui incarne Violet dans Private Practice et son époux est joué par  Jimmy Smits qui incarne Miguel Prado dans la saison 3 de Dexter. Ils sont tous les deux mignons, lui est un imbécile mais un imbécile à qui l'on pardonne.

Allegra m'a laissé un peu indifférente, elle est agaçante mais je l'aurais imaginé avec plutôt le look de Cécile de France dans l'Auberge espagnole.
Prudie était émouvante mais en même temps, je ne crois pas me rappeler que sa relation avec son élève va si loin, je crois que dans le livre elle se contente de fantasmer mais ne va jamais jusqu'à lui laisser comprendre qu'il y a quelque chose.  D'ailleurs je ne suis même pas sure que son mariage va si mal que ça. Son mari est joué par Marc Blucas, alias Riley dans Buffy contre les vampires.
Griggs était parfait, je l'ai trouvé comme je l'imaginais.

Le film prend certaines libertés, du coup on a beaucoup moins d'éléments du passé des personnages et surtout le côté traumatisant de ces souvenirs, l'histoire des corbeaux, par exemple, a disparu. Le réalisateur a opté pour un récit chronologique, du coup on assiste d'abord aux rencontres qui vont mener au book club, au divorce de Sylvia puis on passe au premier livre. Ce choix fait que l'on sait tout de suite pourquoi Griggs a rejoint le book club et donc l'histoire est axé sur ses efforts pour séduire Jocelyn. Le rôle d'Austen dans les vies amoureuses des personnages est conservé mais pas le fait que chacun dissimule une blessure qui va le rendre plus sensible au romanesque. L'ordre du livre est également bouleversé, voici l'ordre du livre :

Mars : Emma chez Jocelyn
Avril : Sense & sensibility avec Allegra
Mai : Mansfield Park avec Prudie(rencontre annulée)
Juin : Northanger Abbey chez Grigg
Juillet : Pride & Prejudice avec Bernadette
Août : Persuasion chez Sylvia

dans le film :
Mars : Emma chez Jocelyn
Avril : Mansfield Park avec Sylvia
Mai : Northanger Abbey chez Grigg
Juin : Pride & Prejudice avec Bernadette
Juillet : Sense & Sensibility avec Allegra
Août : Persuasion avec Prudie et finalement sans elle.

Concernant l'épisode Chez Grigg, c'est un peu too much avec la transformation de son appart en maison hanté alors que dans le livre, on se moque de sa collection de livres de science-fiction.

Du coup l'ambiance du film est sympa, même s'il n'est pas toujours fidèle. Le narrateur mystère me manque et je trouve un peu dommage que l'on perde la part de mystère qui est dans le livre, car dans le livre on passe du temps à se demander quels sont les liens de chacun avec Jocelyn et que vient faire Grigg dans tout ça.

Et en plus, la boule de billard magique Ask Austen a disparu !

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 01:36
Je tiens d'abord à dire que j'écris ce billet en écoutant des chansons récupérées sur l'ordi de Neph lors de mon passage à Dijon, donc Neph, je veux que tu saches que j'éprouve par moment des instants d'étonnement devant ce qui a attéri dans mon ordi, plus spécifiquement certains chansons de balavoine(oui, car Boney M, Abba et Aqua ne me dérangent pas....quoique Brown Girl in the ring est actuellement une expérience que je n'oublierai pas de sitôt...).

Après ce petit aparté, passons aux choses sérieuses : l'adaptation de Persuasion de 1995 par la bbc,
(que je dois aussi à Neph, donc merci Neph de m'avoir laissé récupérer une partie des trésors de ton ordi). Je ne vais pas vous re-racontez l'histoire, mais vous pouvez la retrouver ici.(les habituées de ce blog remarqueront que j'ai enfin maîtrisé l'art d'insérer des liens dans mes billets^^).

Tout d'abord, je pense que les séries américaines ont corrompu mon jugement, car à cause d'elles je m'attendais toujours à ce que tout le monde soit beau dans une adaptation, or comme, c'est déjà le cas dans adaptations itv d'Emma, Mansfield Park et Northanger Abbey, le casting est pas glamour, l'héroïne n'est pas jolie(or c'est une chose impensable dans une production hollywoodienne, où les moches ne se reproduisent pas, ou quand c'est le cas, c'est parce qu'en fait ce sont des fausses moches, à qui il suffit d'offrir des lentilles pour obtenir des top modèles),
mais en regardant dans le livre c'est normal, elle n'est pas sensée être belle, c'est la vieille fille, pas une fausse moche hollywoodienne, et l'actrice est très bien car à Lyme, on a effectivement l'impression qu'elle est plus jolie et que le changement est dû à quelque chose d'interne et non à des artifices.
 
Le fait que le film met l'accent sur l'aspect non-glamour de l'héroïne est ce qui la rend d'autant plus attachante, car à son physique et surtout à ses vêtements on sent qu'il n'y a plus d'espoir pour elle(si l'histoire se passait en France, elle était bonne pour le couvent
), ensuite à la manière dont Mary ou Elizabeth la traite, on a bien le fait que c'est la soeur mal aimé, qui comme elle n'a pu trouver de mari, se trouve obligée de servir ses soeurs et le manque d'égard qui lui est témoigné la rend vraiment très émouvante. 

Le capitaine Wentworth n'est pas non plus ce que j'imaginais, mais il est vrai que là aussi j'étais dans ma version édulcorée du marin(oui, je dois avoir un petit côté Fabrice del Dongo au fond de moi) et qu'en y réfléchissant, il est très crédible, car c'est sûr qu'on ne peut pas attendre d'un marin les manières de Mr Knightley, il a les manières aisées d'un marin, ce qui est, je crois, un des points du livre dans l'opposition entre les Elliot et les Croft,s sur cette différence de manière, où la vraie noblesse serait finalement du côté des Croft.

J'adore la manière dont leur histoire est mené dans le film : presque rien n'est dit, tout est dans les gestes, du trouble d'Anne dans la première entrevue au moment où Wentworth s'aperçoit qu'Anne est fatiguée et demande aux Crofts de la prendre dans leur attelage, des rencontres à Bath à la fameuse scène où il tente d'écrire sa lettre tandis qu'Anne explique au Capitaine Harville que les femmes aiment plus longtempsque les hommes lorsqu'il n'y a plus d'espoir. Je trouve ça adorable la maladresse qui règne entre eux, maladresse qui marque la profondeur de leur sentiment et qui ne peut que nous remettre à l'esprit cet échange entre Elizabeth et Darcy :

"You might have talked to me more when you came to dinner."
 "A man who had felt less, might."

Sur le reste du casting, certaines des actrices sont apparut ailleurs et surtout dans d'autres adaptations d'Austen, ainsi celle qui jouait Mary Musgrove(la photo de droite) a joué l'année suivante.... Miss Bates dans Emma l'entremetteuse, tandis que celle qui jouait Henrietta Musgrove(la photo ci-dessus) a également interprêté Mrs Foster dans Pride & Prejudice version 1995 et aussi Maria Bertram dans l'adaptation de Mansfield Park. L'actrice qui jouait Mrs Croft, elle, a interprêté Mrs Dursley dans les Harry Potter.

J'ai bien aimé la manière dont était joué Sir Walter, le ridicule du personnage était très bien rend
(et une des ses tenues à bath est aussi particulièrement distrayante en ce domaine). Je n'ai pas sympathisé avec lady Russell mais n'ai aucun remord là-dessus, car je ne suis pas sûr de l'avoir aimé dans le livre, vu qu'elle est la cause du malheur d'Anne et de Wentworth. Lady Darymple(la photo ci-dessous) est aussi extra, je l'ai trouvé aussi hilarante qu'Anne de Bourgh dans P&P de 1995, j'aime ce côté excessivement figé du personnage.

Les décors pour Uppercross et Lyme ne m'ont pas trop enthousiasmé, sauf pour la jetée de Lyme qui m'a enfin permis de visualiser l'accident de Louisa. Par contre, j'ai adoré Bath, je ne me suis pas lassée des scènes qui s'y déroulent, car on entend tellement parler de Bath dans les romans que finalement, je suis heureuse d'avoir enfin une bonne vision de Bath(l'adaptation itv de Northanger Abbey était un peu décevante sur ce point.).

J'ai passé un assez bon moment dans ce film. J'ai adoré d'ailleurs les scènes suivant l'arrivée d'Anne à Uppercross où chacun la prend en aparté pour se plaindre de Mary ou se plaindre des autres. La comédie joué par Mary est aussi assez drôle. Ma scène préféré est tout de même le moment de la rédaction de la lettre suivi de la réponse d'Anne à sa demande en mariage. Peu choses sont dites mais la gestuelle est explicite. Le film par contre fait l'impasse sur l'explication qu'apporte ensuite Wentworth quant à son comportement. La scène finale est sympa car elle fait sourire quand on repense au fait que Wentworth était contre le fait d'avoir une femme à bord et soutenait envers et malgré tout qu'il ne prendrait aucune femme à bord, et finalement, en accord avec les prédicitions de ses amis mariés, une fois marié, il a changé d'opinion.

A présent, il faudra que j'essaye l'autre adaptation de Persuasion, car j'ai eu l'impression en surfant sur le net que Wentworth y était plus dans ma vision édulcorée des marins
. Autre raison de taille pour voir l'adaptation 2007 : Anthony Stewart Head y joue Sir Walter !!!!!!!!!
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 22:40
Elizabeth Bennet vient de dire oui à son cher Darcy et se prépare à la joie d'aller passer les fêtes de noël et sa lune de miel à Pemberley, quand tous ses projets sont bouleversés par Miss Bingley qui annonce ses fiançailles avec un riche américain du nom de Parrish. Les Darcy se trouvent obligés de rester à Londres pour assister au mariage prévu le semaine suivante mais sans perdre l'espoir de gagner Pemberley ensuite. Une fois de plus leurs espoirs sont déçus, car juste après son mariage, la nouvelle Mrs Parrish se met à agir étrangement, au point que jane et Bingley décide d'accueillir les Parrish et leur ami, un archéologue spécialisé dans le paranormal, à Netherfield dans l'espoir de permettre à Caroline de regagner sa santé mentale. Le couple Hurst est également du voyage et les Darcy sont eux aussi invités et par affection pour jane & Bingley ne peuvent décliner l'invitation. Pour courronner le tout, de mystérieux incidents mettent en péril la vie du couple Bingley tandis que l'ancien associé du père de Bingley s'invite à Netherfield pour presser Bingley relativement à certains affaires de son père. Le couple Darcy va vite se retrouver en plein mystère. Caroline Bingley était réellement le genre de personne à souffrir de troubles mentaux suite au stress occasionné par son mariage ? L'accident de carosse des Bingley était-il réellement un accident ? Les études paranormale du professeur Rondolphe sont-elles aussi ridicules que le très rationnel Darcy le croit ?

Bienvenue dans l'univers de Pride & Prescience de Carrie Bebris, premier livre de la série des Mr & Mrs Darcy's Mystery. Je dois dire que je n'ai pas vraiment aimé ce livre car je pense que le paranormal n'a pas sa place dans l'univers austénien, du coup il va falloir attendre quelques temps avant que je ne lise Suspense & Sensibility, livre suivant dans la série et qui est également dans ma bibliothèque, car il paraît que l'aspect paranormal y est encore plus marqué.
Le fait que ce soit en plus Elizabeth qui se retrouve réceptive au paranormal m'a particulièrement déplu car ce n'est pas dans le personnage. Chez Marianne Dashwood ça aurait pu passer, mais Lizzie comme avocat de l'intuition avec limite des dons, c'est vraiment trop absurde. Heureusement pour nous que Darcy est toujours Darcy et n'abdique jamais sa raison mais l'auteur semble sous-entendre que cette rationnalité de Darcy est un défault, ce qui comme vous vous en doutez, n'a pas du tout été à mon goût. Je ne suis pas anti-paranormal, j'ai vu tous les épisodes d'X-files, j'ai une partie des saisons de Buffy contre les vampires et je suis actuellement Fringe, mais quand je veux du paranormal, je lis une histoire fantastique, je ne lis pas du Austen, donc ici, le paranormal ne va avec mes attentes relativement à un livre à la manière d'Austen, c'est comme si Sherlock Holmes prenait des champignons magiques pour découvrir le coupable ou Hercule Poirot faisait tourner les tables. C'est une dénaturation.

Par contre, ne vous inquiétez pas non plus, il n'y a pas que le paranormal dans ce livre mais il m'a déplus dès le début vu que j'ai trouvé l'histoire tirée par les cheveux et que j'apprécie d'une continuation qu'elle soit fidèle à l'auteur, sauf que ma conception de la fidélité n'est pas aussi lâche que celle des critiques qui font l'éloge de Carrie Bebris. Pour moi, le style ne suffit pas pour faire une adaptation fidèle, l'histoire elle-même est importante car son organisation et les éléments qui la constitue sont aussi un trait propre à l'auteur, donc là dès le début, on sent qu'on n'est plus dans du Austen. Déjà parce qu'imaginer que Caroline Bingley annonce ses fiançailles lors du déjeuner du mariage de Bingley et Darcy, c'est forcer les silences d'Austen, sans compter que je doute que Caroline Bingley eut pu si vite remplacer Darcy et surtout par un américain. Sérieusement vous imaginez réellement Caroline Bingley s'abaisser à épouser un riche américain ? elle pour qui les bonnes manières anglaises compte plus que tout ?

Dans les autres  points négatifs, on a le fait qu'Elizabeth appelle Mr Darcy, Darcy. J'admets que je vous ais fait tout un plat dans mon article sur Emma & Knightley sur le fait qu'il était tout à fait acceptable qu'Emma appelle son époux Knightley mais c'est parce que dans Emma, il est dit clairement qu'elle se refuse à l'appeler par son prénom. Or de tels scrupules ne peuvent retenir Elizabeth Darcy : vous l'imaginez vraiment ne pas oser appeler par son prénom ce cher époux qu'elle n'hésite pas à taquiner ? Bon c'est sûr Fitzwilliam c'est pas glamour comme prénom, mais c'est le sien, donc il n'y a aucun sens dans le fait de l'appeler Darcy plutôt que Fitzwilliam surtout qu'ils s'aiment tendrement.

Cependant, il y a quand même des points positifs à ce livre, car l'humour n'est pas absent, déjà par ce fameux séjour à Pemberley sans cesse repousser pour le plus grand désespoir des Darcy. Une autre trouvaille était dans l'illustration de la prediction de Mr Bennet relativement à Jane & Bingley sur leur trop grande gentillesse, où en fait, Jane se retrouve avec un personnel très sous-qualifié parce qu'elle ne peut s'empêcher de donner un emploi à tous les orphelins de la région, ce qui est assez drôle bien que tiré par les cheveux, puisque Bingley a déjà du personnel, donc n'a pas de raisons d'avoir autant de nouveaux employés, car il ne peut tout de même pas virer son personnel actuel ?

Mais le grand point positif de ce livre ce sont les échanges entre Mr & Mrs Darcy, où ils se taquinent l'un l'autre, ce qui est assez savoureux. Je vous laisse d'ailleurs sur ce bref extrait du début du livre où Elizabeth et Darcy sont en train de parler de la grossesse de Charlotte Collins :
"Will her mother attend her when the time comes ?" Darcy asked.
"Yes, and will stay until the child is a month or two old. Though with Lady Catherine there, heaven knows Charlotte shan't want for advice."
"My aunt is certainly generous with her opinions. Perhaps I should strive to heal our breech directly, so that when your time comes, you, too, may benefit from her instruction."
 She called his bluff. "I thought rather to invite my mother to live with us for six months. Women want their mothers at such - Darcy, are you choking on a fish bone?"
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 18:39
Partie chez Gibert dans l'espoir de trouver un des ouvrages d'Amanda Grange, j'ai une fois de plus fait choux blanc mais ne suis pas pourtant repartie les mains vides(je n'avais une fois de plus pas le morale). Je me suis laissée tentée par Jane Austen in context édité par Janet Todd, seul livre dans les ouvrages critiques sur Austen chez Gibert qui ait l'air d'être plus qu'un simple profil d'oeuvre ou un beau livre sans grand contenu.
Il s'agit d'un recueil d'article sur des questions très variées relatives à l'oeuvre de Jane Austen et ce sera donc mon ouvrage critique. C'est un ouvrage édité par les Cambridge UniversityPress, doté d'illustrations et avec une abondante bibliographie à la fin. Je me contente de vous faire une brève introduction à ce livre, vu que je n'ai lu qu'un ou deux articles mais comme vous devez commencer à avoir une bonne appréciation de mon sens de la concision et de l'exhaustivité, vous serez certainement d'accord sur le fait qu'il vaut mieux que je vous en parle tant que je n'ai pas trop de matière.

Pour vous donner une idée des questions abordées, voici la liste des articles présents dans cet ouvrage divisé en trois parties  :

Part I Life and works

1 Biography
2 Chronology of composition and publication
3 Langage
4 Letters
5 Literary Influences
6 Memoirs and biographies
7 Poetry
8 Portraits

Part II Critical fortunes

9 Critical responses, early
10 Critical responses, 1830-1970
11 Critical responses, recent
12 Cult of Jane Austen
13 Later publishing history, with illustrations
14 Sequels
15 Translations

Part III Historical and cultural context

16 Agriculture
17 Book production
18 Cities
19 Consumer Goods
20 Domestic architecture
21 Dress
22  Education and accomplishments
23 Food
24 Landownership
25 Landscape
26 Literary scene
27 Manners
28 Medicine, illness and disease
29 Money
30 Nationalism and Empire
31 Pastimes
32 Philosophy
33 Politics
34 Professions
35 Psychology
36 Rank
37 Reading practices
38 Religion
39 Trade
40 Transport

Vous aurez remarqué que je me suis abstenue de mettre le nom des auteurs de chaque article afin de ne pas surcharger ma liste. Ce sont des articles très courts, une dizaine de page tout au plus, qui se lisent assez bien. Je n'ai lu que certains articles de la troisième partie jusqu'ici, et ils sont très intéressant car ils donnent des explications  qui sont toujours rapportées aux livres d'Austen, en nous faisant remarquer comment telle remarque renvoie à telle réalité matérielle comme par exemple dans l'article sur les robes, qui nous rend plus clair ainsi les discussions entre Catherine et Henri Tilney du début de Northanger Abbey sur le choix de tissus. Ces articles permettent donc de mieux apprécier le réalisme d'Austen mais aussi de comprendre ce qui est sous-entendu dans certains passages et aussi ce que cela révèle des propres positions d'Austen, ainsi l'article sur les manières m'a permis de voir dans quel cas les héroïnes Austénienne transgressent certains règles de conduite et en quoi cela reflète une critique d'Austen relativement aux manières de son temps.
 Comme je suis motivée, j'ai créé une page sur ce livre afin d'y mettre au fur et à mesure de mes lectures, quelques lignes sur chaque article( Jane Austen in context ) .
Mon seul regret est que les articles portent uniquement sur des points présents dans les livres d'Austen, du coup, il n'y a rien sur les manières que les époux doivent avoir l'un envers l'autre et en particulier sur la question de leur intimité, ces questions étant suscitées par ma lecture de continuations où l'on a un aperçu des conventions qui gouvernent un couple et l'étendue des marques d'affection qu'ils sont en droit d'afficher. Si jamais, vous avez eu l'occasion de lire un livre sur les moeurs anglais et la vie privée à cette époque, je l'ajouterai volontiers à ma Pal.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 18:49
Le temps est venu pour moi de vous parler de Pride & Prejudice, passage obligé du challenge Jane Austen, quand je dis "passage obligé" je ne veux pas dire que cette lecture m'a déplu mais simplement que vu la masse d'article sur le sujet, vous devez être lassées et vous dire "oh non, pas encore un article sur ce livre". Je considère donc ce livre comme connu d'un peu tout le monde maintenant donc je vais me dispenser de vous raconter l'histoire et attaquer directement sur mes impressions de lecture.

C'est la deuxième fois que je lis Pride & Prejudice et j'ai particulièrement apprécié cette relecture après avoir vu et revu les adaptations et lus des livres en relation avec celui-ci. Donc ce retour aux sources fut particulièrement appréciable, l'histoire commençant à m'être bien connue, cela permis de découvrir des détails qui m'avaient échappés.

Le premier point que j'ai redécouvert a été la relation entre Mr Bennet et sa femme, dans la mini-série, Lost in Austen, la raison du mariage entre ses deux être si diamétralement opposés était donnée mais j'ai eu la joie de m'appercevoir qu'en fait Jane Austen expliquait à un moment donné sur quoi était fondé ce mariage ainsi que l'étendue de la mésentente entre les deux époux. Marquée par la version BBC, je n'avais retenu de Mr Bennet que le goût pour les ridicules d'autrui et j'avais oublié son indifférence assez complète vis-à-vis des affaires de sa famille.

L'autre aspect auquel j'ai été très sensible a bien-sûr été le comportement de Mr Darcy tout au long de l'histoire, ce qui m'a permis de réaliser combien Jane Austen nous donne d'indice relativement au combat qui fait rage en ce personnage. Je ne crois pas que je m'étais vraiment aperçu de cela la première fois que je l'ai lu tant je devais être prise par le préjugé d'Elizabeth vis à vis de Darcy. Du coup, j'ai  presque envie de relire Emma(mon enthousiasme pour le livre de Rachel Billington n'y est peut-être pas non plus étranger)  et Sense & Sensibility pour voir quels indices nous étaient donnés. C'est ce que j'aime dans les Austen, c'est qu'à la première lecture on est pris par la situation de l'héroïne et on attend desespéremment le happy end qui fera la lumière sur toute l'histoire et du coup lors de la deuxième lecture, on a une autre vision de l'histoire parce que la connaissance du dénouement nous amène à remarquer certains détails et à les lire autrement.

Je trouve Mr Darcy encore plus attachant qu'avant et j'adore sa première demande en mariage, comme je suis une Charlotte Lucas dans l'âme, je pense que j'aurai accepté volontiers de l'épouser après une telle déclaration, car il est tellement rationnel avec sa conscience du côté négatif d'une telle alliance et en plus il a le mérite d'être honnête :

"These bitter accusations might have been suppressed, had I, with greater policy, concealed my struggles, and flattered you into the belief of my being impelled by unqualified, unalloyed inclination; by reason, by reflection, by everything."

J'adore aussi cette ironie terrible qui fait que c'est surtout par un hasard des circonstances que Mr Darcy se fait refuser, car n'aurait-il pas eu une chance d'être accepté si Fitzwilliam n'avait pas révelé un peu plus tôt à Elizabeth que Darcy était la cause du malheur de Jane ? j'aime le fait qu'après avoir reçu sa lettre elle se met assez vite à regretter son refus. Une de mes scènes préférées est d'ailleurs quand elle apprend la fuite de Lydia avec Whickam, Darcy est adorable dans cette scène, il est bouleversé par l'état d'Elizabeth mais en même temps les convenances l'empêchent de faire quoi ce soit pour la réconforter alors que c'est certain qu'il ne doit avoir qu'un désir et c'est de se jeter à ses pieds pour savoir ce qui la trouble ou de la prendre dans ses bras pour la réconforter, mais il ne peut pas, parce qu'elle a refusé sa demande et c'est un vrai gentleman donc il ne va pas profiter de sa faiblesse pour essayer de s'imposer . En plus, cette nouvelle arrive vraiment au mauvais moment, car tout semblait aller mieux, Mr Darcy allait certainement pouvoir redemander Elizabeth en mariage d'ici la fin de son séjour dans le Derbyshire. En plus, il y a la part de culpabilité due au fait qu'il doit se sentir responsable du malheur présent d'Elizabeth.

Un autre moment que j'aime énormément c'est la dernière demande en mariage avec le fait qu'Austen ne nous donne pas le détail de la réponse d'Elisabeth, ni du détail que donne ensuite Mr Darcy de ses propres sentiments, ne pas avoir ces éléments est un des points que j'aime dans l'écriture de Austen, car toute tentative pour nous donner ces détails ne peut que se solder par une déception, car je pense que nous avons chacune notre idée propre de la déclaration idéale et donc en ne nous donnant pas de détail, la déclaration des deux personnages devient la déclaration idéale car nous ne pouvons qu'imaginer que celle-ci soit parfaite en tout point, mais le langage étant trompeur et décevant c'est mieux de laisser tout cela dans le domaine du non-dit.

finir, mon eulogie de Pride & Prejudice, je vais vous parler de ma redécouverte de Charlotte Lucas. Je me suis attachée à Charlotte Lucas, qui est un peu la voix de la raison et qui est la seule au début à voir réellement Mr Darcy pour ce qu'il est :

"One cannot wonder that so very fine a young man, with family, fortune, everything in his favour, should think highly of himself. If I may so express it, he has a right to be proud."

En plus, à sa place, moi aussi j'aurai épousé Mr Collins, car quand on y réfléchit Mr Collins est un bon parti. Charlotte Lucas a 27 ans, avec les filles Bennet dans les environs, ses espoirs de pouvoir encore trouver un mari sont extrêmement limités et à mon avis, Mr Collins fait un bon mari, bon d'accord, niveau conversation, il est pas top, trop obséquieux et agaçant avec sa vénération pour Lady Catherine, mais en même temps, il n'est pas non plus ignorant et il a l'air de s'intéresser réellement à son devoir d'homme d'église. En plus, lui, on est sûr qu'il n'ira pas voir ailleurs, vu que le mariage c'était déjà pas son truc, parce que faire la cour à une jeune femme c'est assez compliqué et qu'on sent bien qu'il se marie parce qu'il convient qu'il ait une femme. Il n'est pas non plus cruel, il ne joue pas, il n'est pas dépencier et il fera sûrement un père affectueux, donc pour un mariage fondé sur l'intérêt c'est un bon parti, sans compter que comme Charlotte l'épouse pour des raisons matérielles et non par amour, il n'y a aucun risque que le mariage lui devienne insupportable comme quand l'amour disparaît.
Par rapport au couple formé par Wickham et Lydia, Mr et Mrs Collins sont très bien. En plus, je me suis aperçue qu'il n'était peut-être pas si stupide que ça, car il est vexé d'avoir été refusé mais il a bien compris du coup qu'Elizabeth n'est pas l'épouse faite pour lui et qu'essayer de forcer ce mariage comme Mrs Bennet le voudrait ne peut rien apporter de bon.

Dernier point, j'ai particulièrement apprécié tous les serments qu'Elizabeth fait, comme celui du titre de cet article, relativement au fait que jamais elle ne pourrait aimer Darcy. Sur ce, je vous laisse sur une dernière citation :

"Mr Darcy had at first scarcely allowed her to be pretty; he had looked at her without admiration at the ball; and when they next met, he looked at her only to criticise. But no sooner had he made it clear to himself and his friends that she had hardly a good feature in her face, than he began to find it was rendered uncommoly intlligent by the beautiful expression of her dark eyes. To this discovery succeeded some others equally mortifying. Though he had detected with a critical eye more than one failure of perfect symmetry in her form, he was forced to aknowledge her figure to be light and pleasing; and in spite of his asserting that her manners were not those of the fashionable world, he was caught by their easy playfulness. Of this she was perfectly unaware; - to her he was only the man who made himself agreeable nowhere, and who had not thought her handsome enough to dance with."


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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:25
Je suis en pyjamas(oui, je sais, c'est la décadence en ce moment), je suis heureuse, j'ai été réellement heureuse pendant plusieurs heures(ce qui actuellement ne s'était vraiment pas produit depuis longtemps), je suis enthousiaste, dans ma propre bulle de contentement et tout ça à cause d'un livre : Emma & Knightley, perfect happiness in Highbury. A sequel to Jane Austen's Emma de Rachel Billington.
La chose ne m'était pas arrivée depuis longtemps, j'ai apprécié ce livre de la première à la dernière page, c'est un événement tellement rare, car beaucoup de livre que j'ai aimé ces derniers temps, ne m'ont vraiment apporté de plaisir qu'à la moitié de l'histoire et souvent de façon partielle. Il est réellement difficile de trouver des livres capables de vous cater l'esprit, de vous emporter ailleurs et de captiver l'attention. Je me demande si la dernière fois où j'ai ressenti une telle chose pour un livre ne remonte pas à la première lecture de Fool's fate, ce qui commence quand même à dater. C'est aussi extrêmement rare qu'un livre m'amène à pousser des exclamations de joie au moment du dénouement.
Du coup, je suis confrontée à un grand problème : que vous dire de ce livre ? d'un côté j'ai envie de transmettre ma joie mais en même temps, je ne veux absolument pas diminuer le plaisir de celles qui vont se lancer dans ce livre en en révélant trop, car un de mes grands plaisirs a été dans le fait de ne pas en savoir plus que ce qu'en dit la quatrième de couverture et une critique trouvée sur l'austenblog(link) où vous pourrez aller un jeter un coup d'oeil si vous voulez un résumé plus détaillé que le mien. Je suis d'ailleurs beaucoup plus enthousiaste que cette critique, car je ne me formalise pas du fait que l'auteur prend quelques libertés quant aux appelations, enfin n'allez pas vous imaginer des choses, la liberté de l'auteur consiste simplement dans le fait qu'Emma n'appelle pas constamment Mr Knightley, Mr Knightley mais Knightley, ce que, moi, je ne considère pas comme une faute car si on voulait se montrer plus royaliste que le roi, on pourrait aussi reprocher à l'auteur d'appeler notre héroïne essentiellement Emma et non Mrs Knightley. Le titre lui-même nous donne cet aspect puisque c'est "Emma & Knightley" et non Mr & Mrs Knightley, ce qui est un point que j'apprécie -je suis enthousiaste donc je fais des phrases proustiennes mais je vous promet d'arriver à la fin de cette phrase avant la fin de ce billet - car n'est-ce pas ainsi que nous, nous appelons ces deux personnages ? nous sommes entre fans d'Austen, alors pourquoi faire semblant ? ce n'est pas du Austen, c'est un livre écrit par une autre pour satisfaire notre insatiable curiosité donc je trouve que le choix des noms n'est pas d'une familiarité déplacé, car elle reflète notre propre familiarité avec les personnages, et je trouve ça mieux qu'Emma l'appelle de temps à autre Knightley car ça marque une plus grande intimité, dans le fait qu'elle se sent autorisée par son mariage à être légèrement plus informelle avec son époux sans pour autant réussir à l'appeler George, car c'est là une des grandes questions de l'histoire, Emma va-t-elle réussir à évoluer appeler Mr Knightley, George.

Je m'excuse pour cette digression dont vous n'avez pas forcément dû comprendre l'intérêt et qui est simplement dû au fait que je trouve la critique de l'austenblog trop pinailleuse, car je pense que dans le livre d'Austen, quand Emma reproche à Mrs Elton d'appeler Mr Knightley, Knightley, c'est plus dû au fait que c'est une trop grande marque de familiarité pour quelqu'un qui vient de débarquer, et non un signe que de la part d'Emma ce serait vulgaire puisqu'Austen écrit seulement :

"Insufferable women" was her immediate exclamation. "Worse than I had supposed. Absolutely insufferable ! Knightley ! - I could not have imagined it. Knightley ! - never seen him in her life before, and call him Knightley ! and discover that he is a gentleman !"

Allez, j'arrête et je vous parle du livre et quoi de mieux pour commencer que de vous citer les premières lignes :

"Emma Knightley, handsome, clever and rich, with a husband whose affection for her was only equalled by her affection for him, had passed upward of a year of marriage in what may be described as a perfect happiness ; certainly this is how she described it to herself as she sat at her writing desk from which she had an excellent view of her father, Mr Woodhouse, taking a turn round the shrubbery on the arm of her beloved Mr Knightley."

Sauf que voilà, la tragédie vient frapper Highbury, Jane Churchill décède en donnant naissance à un fils et pour courronner le tout Frank Churchill est depuis introuvable, et alors que Mr Knightley est parti à Londre à sa recherche, Emma tombe sur Frank qui hante les environs de Donwell Abbey à moitié fou de chagrin qui tient des propos relativement au manque de passion de Knightley qui vont venir troubler le bonheur d'Emma, d'autant que Mr Knightley semble ne pas faire preuve d'une complète ouverture à son endroit, ce qui amène Emma à se demander si son mari l'aime toujours, mais comment réussir à combler le fossé qui s'est créer entre eux ?

Le style qu'emploie Rachel Billington pour nous compter les efforts d'Emma pour arriver à son bonheur parfait est très agréable, tout est dans l'esprit de Jane Austen, on a un de l'humour et en même temps la relation amoureuse entre Knightley et Emma n'est jamais très explicitée, c'est pudique, comme vous pouvez vous-mêmes en juger par cet extrait issu d'un des premiers chapitres :

"Here he stopped quite abruptly, as if he must not say too much ; but he had already said enough to content Emma and for her to accept his kisses with a sweet mix of modesty and eagerness.
It was perhaps reprehensible that in their happiness neither let the tragic news of their friend's death so recently received darken the end of the day. Yet, just before they slept, Mr Knightley murmured a few words which showed that the sad event was not forgotten - in one part of his mind, at least."


Je trouve que c'est là une description qui ne serait pas désavouée par Austen, on peut spéculer sur ce qui passe entre le baiser et le moment où ils s'endorment, mais on n'a jamais plus de détails, ni de descriptions détaillées, Billington ne cherche pas à faire du Austen, c'est-à-dire qu'elle ne cherche pas désespéremment à nous faire oublier qu'il s'agit d'une continuation, on est loin de la maladresse de Stephanie Barron qui cherche tellement à nous persuader que ses histoires sont du Austen que du coup la magie est brisée, parce qu'elle nous donne trop de détails comme si elle voulait nous montrer qu'elle a bien fait ses devoirs, si ça avait été du Stephanie Barron nous aurions eu le droit à la description des vêtements des deux personnages et à une note explicative au moment où l'on s'aperçoit que Mr Knightley ne dort plus avec Emma, détail qu'Austen n'aurait pas jugé utile de donner, parce qu'ils sont connus de ses contemporains. On a un style qui ne fait pas dans le superflu et qui finalement est assez proche d'Austen parce qu'on ne sent pas les efforts fait pour ressembler à Austen.
Les éléments de l'histoire et les péripéties sont également dans la tonalité d'Austen, on ne fait pas dans le spectaculaire, il y a très peu de nouveaux personnages qui sont introduits et sinon certains personnages apparaissent un peu plus comme la famille de John et Isabelle Knightley, ou la famille Martin. Un autre aspect aussi est que comme dans Austen, on suit l'héroïne, ses pensées et sa vision des autres personnages, avec seulement de rares passages où l'on voit les choses du côté de Mr Knightley. L'homme de l'histoire est toujours un peu inaccessible car on ne connait sa vision des choses que lorsqu'il finit par ouvrir son coeur à l'héroïne, la fin, d'ailleurs est réellement digne d'un Austen et ne dépareillerait pas par exemple à côté de celle de Pride & Prejudice, donc j'ai même eu ma dose de happy end.
J'ai d'ailleurs adoré la dernière phrase du livre ainsi que la fin du chapitre 38 et ce que fait Mr Knightley a la fin du chapitre 37(les habitués de mes articles remarqueront à quel point j'ai fait des efforts pour ne pas faire de spoiler pour une fois^^). Un dernier point sur le respect des traits austéniens est le fait qu'Emma va une fois de plus progresser dans l'histoire et vaincre certains de ses défaults, aspect iniatique que l'on trouve dans les romans d'Austen.

J'ai adoré le développement accordé à Miss Bates, car c'est un point qui à mon avis faisait défaut dans le livre d'Austen(oui, je sais c'est sacrilège de considérer qu'il y a eu un imperfection dans le happy ending d'Emma).. L'auteur ne prend pas de libérté avec les personnages, il n'y a pas de grand revirement, on découvre seulement un autre aspect de John Knightley et de Frank Churchill mais leur évolution  n'est pas en contradiction avec ce qu'on connait d'eux.

Le personnage d'Emma est très attachant, elle est aussi attachante que lorsqu'elle découvre qu'elle est amoureuse de Knightley et croit qu'il aime Harriet dans Emma. On est pris par la situation et on ne peut que sympatisé avec sa douleur quand elle s'aperçoit que l'homme qu'elle aime désespéremment est en train de s'éloigner d'elle et qu'elle ne peut rien faire mais qu'en plus de cela elle est obligée de constamment faire comme si tout allait bien entre eux pour ne pas perturber son père ou déplaire à son époux. Elle est terriblement attachante dans son désir que Knightley cesse de la traiter comme une enfant et dans son malheur parce qu'elle se rend compte qu'elle n'a pas réussi à éveiller de passion  chez Knightley et tous ces sujets qu'elle n'ose aborder avec Knightley et qu'elle suspecte de créer ce détachement comme le fait de ne pas vivre à Donwell Abbey ou qu'elle n'a pas d'enfant et n'a pas envie d'être mère mais que Knightley désire peut-être des enfants vu son âge. Le problème de communication qui règne entre eux est vraiment attendrissant.

On ne peut que dévorer ce livre en ce demandant à chaque instant s'ils vont réussir à se rapprocher et en étant ému par Emma, qui est si seule et si prisonnière des convenances et de son quotidien.


P.S. J'ai fini par m'habiller... à 8h du soir et maintenant je descends à mon relais colis chercher les deux premiers Mr & Mrs Darcy's mystery qui m'y attendent depuis ce matin.
P.P.S L'édition d'Emma & Knightley est très jolie avec des chapitres brefs, par contre le texte contient pas mal de coquille, particulièrement au niveau des guillemets.
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Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
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Interesting Time p.19
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Le Huitième Sortilège p.87
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La huitième Couleur p.91
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
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'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
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'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
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"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
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"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

Perdu Dans La Vallée ?

Malakos is here too !!!

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Le mot de l'auteur

 

Bienvenue au sein de la vallée des grenouilles séchées,  blog d'une prof de lettres classiques fan de Star Trek et de Terry Pratchett.
Vous trouverez ici mes impressions sur des ouvrages que j'ai lu, des films qui ont retenu mon attention et parfois des séries.
 
Sur ce, je vous souhaite une bonne navigation mais méfiez-vous d'une chose, j'ai une tendance à m'adresser plus à ceux qui ont lu ou vu ce dont je parle, donc quand ce n'est pas votre cas, évitez de continuer votre lecture quand vous atteignez le paragraphe commençant par "dans le détail" ou voici la partie spoiler mais dans la plupart des cas, les spoilers sont en surlignés.

The Bursar

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De mon côté, je vais faire le challenge Valar !

 

Jusqu'ici j'ai peu avancé.

J'ai lu :

The Hobbit

Le Silmarillion

The Fellowship of the Ring

The Two Towers

 

L'adieu au Roi, chansons pour J.R.R. Tolkien

Beowulf

 

 

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