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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 21:42

critique-ecole-des-femmes.gifAujourd'hui nous allons parler de la Critique de l'école des femmes et de l'Impromptu de Versailles de Molière(voilà qui va faire plaisir à Kusa).

Ces deux pièces sont à part dans l'oeuvre de Molière, car il s'agit de réponses de Molière à ses adversaires.

Nous sommes en 1663, la popularité de Molière commence à déplaire et une fronde a lieu contre l'école des Femmes qui a commencé à être jouée en décembre 62 et rencontre un grand succès.
En juin 1663, Molière fait jouer la Critique de l'école des femmes destinée à répondre aux bruits qui circulent contre sa pièce et lui-même, attaqué aussi bien en tant qu'acteur qu'en tant qu'auteur.
Cette pièce met en scène une discussion entre des opposants et des partisans de Molière. La tactique de Molière est d'exposer les arguments de ces opposants de façon à faire voir leurs ridicules, mais les opposants sont déjà eux-mêmes ridicules, vu qu'on a un Marquis, un précieuse, un poète pédant, tandis que de l'autre côté Dorante, c'est l'intelligence mesurée, le bon sens.
Mon personnage préféré a été celui du Marquis, qui s'exprime par tautologie et refuse toute argumentation, comme lorsqu'il se contente de répondre "tarte à la crème" quand on lui demande ce qu'il reproche à cette expression de l'école des femmes, et répéte cela tant qu'on lui demande d'expliciter. En fait, le Marquis n'a pas écouté la pièce, il la blâme simplement parce que son parti a décidé de faire mauvaise presse à Molière et donc il ne s'est rendu au théâtre que dans le but d'afficher son mépris pour la pièce.
J'ai trouvé la pièce intéressante parce qu'elle expose la position de Molière vis-à-vis de la fameuse règle des trois unités tout comme elle contient une critique sévère des travers de son époque. Sur le sujet qui nous intéressait, il y a quelque temps, j'ai relevé cet extrait :

"L'honnêteté d'une femme n'est pas dans les grimaces. Il sied mal de vouloir être plus sage que celles qui sont sages. L'affectation en cette matière est pire que tout autre ; et je ne vois rien de pire que cette délicatesse d'honneur qui prend tout en mauvaise part, donne un sens criminel aux plus innocentes paroles, et s'offense de l'ombre des choses."


La fin de la pièce est très intéressante car on a une mise en abyme, puisque l'on finit sur les personnages envisageant de coucher par écrit leur discussion pour la faire jouer par Molière.

Moli-re-l-impromptu-de-versailles.jpgPour ce qui est de l'impromptu de Versailles, nous sommes quelques mois plus tard en octobre 1663 et la querelle de l'école des femmes continue de faire rage, les détracteurs de Molière ayant répondu à la Critique, par leurs propres contre-critique dont celle de Boursault, intitulée le Portrait du peintre. L'impromptu est la dernière réponse que va faire Molière.
Cette fois, il s'agit de comédiens en train de répéter juste avant de passer devant le roi et leur pièce met en scène deux marquis qui cherchent à déterminer lequel d'entre eux à servi de modèle à Molière pour le marquis de la Critique, ils sont ensuite rejoints par d'autres membres de la fronde contre Molière qui se donnent les dernières nouvelles relatives à la pièce de Boursault. Puis Molière explique à ses acteurs pourquoi il a choisit de répondre à une telle pièce ainsi plutôt que de se moquer exactement comme l'on fait ses adversaires. La pièce finit sur l'arrivée du roi, l'angoisse des acteurs incapables de retenir leur texte et le roi qui accepte de voir cette nouvelle pièce une autre fois.

La pièce est assez agréable car elle nous montre des acteurs en train de répéter avec les directions de molière pour chacun d'eux afin qu'ils jouent correctement leurs rôles, ce qui fait que la réponse de Molière est faite d'une façon agréable, qui ne risque pas de lasser le lecteur par son ton trop polémique.

J'ai apprécié ces deux pièces, même si elles sont moins drôles que les autres, car je ne connaissais rien de la Querelle de l'école des femmes. Elles offrent d'intéressantes mises en abymes et des informations quant aux positions de Molière sur le théâtre.

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Published by The Bursar - dans Life is a stage
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commentaires

Kusa 26/02/2010 21:16


Voui, ben pareil pour Racine et Corneille (même si COrneille j'ai eu du mal... mais décortiquer une pièce au collège n'est pas forcément le meilleure moyen... bref)

Ah, le Rousseau persécuter, c'est un grand moment.... surtout quand tu étudies la période, et que t'as, pour les mêmes évènements, la vision de Rousseau... et celle de Diderot (dès fois, je plaint
le pauvre Diderot, on avait un peu l'impression qu'il était perdu au milieu d'une cour de récré... XD)


The Bursar 26/02/2010 21:31


Je n'ai pas lu la version de Diderot. Je connais surtout la version de Rousseau et les pages magnifiques sur la question des les rêveries. Le fait est que tout n'était pas dans sa tête et que
Diderot et les autres avaient effectivement tenté de séparer Rousseau et Thérèe(mais on les comprend, on ne peut pas dire que Thérèse fut vraiment la compagne idéale). Et puis il y a eu l'épisode
chez Hume. Mais le must étant tout de même les petites critiques que Rousseau sème à travers ses oeuvres, c'est toujours très sympa.


Kusa 26/02/2010 19:08


Oui, ben justement, c'est ce que j'aime pas chez Racine... le "c'est pas sa faute". Bon, d'accord, la tragédie, y'a un côté Destin (avec un grand D, parce qu'on y échappe pas).... bla, bla, bla (et
accessoirement, c'est la faute aux autres... ben vi, c'est pas moi qui aie eu l'idée, ouin...) bref, on va dire que c'est despérant, je suis totalment hermétique au tragique modèle classique ^^'
C'est pour ça que j'aime bien Shakespeare (n'en déplaise à Voltaire, que je lis... comme Rousseau. Disons que Voltaire c'est sympa, c'est c'est sûr que côté réflexion sur la société, Rousseau,
c'est mieux, même si parfois, il est naïf et agaçant)


The Bursar 26/02/2010 21:12


Rousseau est fun en plus quand il est dans ses grandes périodes délires de persécution.

En fait, je ne suis pas fan des pièces de Racine, parce que c'est trop axé sur les passions et trop sobre pour moi, je préfère Corneille où tout est une question de volonté et qui finalement n'est
pas tragique, en même temps, les tragédies grecques n'étaient pas forcément tragiques, la plupart l'était mais pas toutes.


Kusa 26/02/2010 18:54


Quand je parlais de la tragédie, je parlais en général (donc avec shakespeare, qui comme chacun sait, est bien inférieur à Racine et Corneille, puisqu'il ne respecte pas les règles... dixit
Voltaire... vous comprendrez que je ne partage pas du tout cet avis)

Pour Racine, je ne parle pas simplement de petits arrangement... mais dans Phèdre par exemple, les mauvais rôle est tenu par sa nourrice (me souviens plus du nom) qui donne elle les mauvaises idée,
car Phèdre, femme noble, ne peut avoir de mauvaises idées. C'est surtout de cela que je parle, ce changement moral (qui effectivement cadre avec l'époque... mais des fois, je me demande si ces
chers auteurs n'ont pas un peu exagérés le côté "no critic" de la noblesse...)


The Bursar 26/02/2010 19:03


Voltaire est toujours aussi charmant à ce que je vois(Rousseau est mon ami donc je lis peu Voltaire). Je ne me place que du point de vue de la littérature française, vu que c'est ce que j'étudie et
que les ouvertures sur les littératures étrangères n'est pas toujours chaleureusement acceuilli. J'ai une tendance à considérer Shakespeare comme non représentatif de la tragédie parce qu'il
s'écarte du modèle tragique grec et racinien, ce qui ne veut pas dire que je critique les tragédies de Shakespeare, juste que je ne le trouvais pas représentatif du genre vu qu'il est sa propre
règle.

Disons que je vois l'altération de Phèdre d'un autre oeil, pour moi ce changement correspond à l'esthétique de Racine, ce qui est matériel est endossé par les domestiques, tandis que le héros est
dans le tragique, c'est celui qui ne peut fuir. J'aimais bien ce changement, ça donnait un côté plus terrible à ce qui lui arrive, parce que ce n'est pas sa faute.


Kusa 26/02/2010 14:35


J'ai eu pendant très longtemps juste une vieille édition sur le Moyen-âge, et l'édition du 16ème siècle pour les Lagardes et Michard. Et puis il y a 3-4 ans, j'ai complété ma collection (merci
Gibert) en rachetant aussi celle du MÂ. Et je ne regrette pas du tout ^^

Oui, pour Lulli, je suis gentille, c'est vrai... alors que vu les coups de p**** qu'il a fait à tout le monde (après Molière, il s'en est aussi pris à Racine) pour être le seul et unique, il...
m'insupporte.

Même si elle s'y prête moins (puisqu'à la base, elle nous raconte les passions humaines) la tragédie peut se prêter à une critique des moeurs... mais c'est sûr que chez Racine, ça va être
difficile. Déjà qu'il change certaines passions par rapport à l'Antiquité (comme dans Phèdre, qui devient une pauvre vicitme uniquement)


The Bursar 26/02/2010 18:45


Pour Lulli VS Racine, je ne savais pas, mon édition n'en parlait pas, ça expliquait juste comment Lulli s'est accaparé la faveur du Roi et a obtenu le privilège dans le domaine de la musique,
rendant ainsi impossible aux troupes comme celles de Molière de mettre dans la musique dans leurs pièces comme c'était le cas dans les Intermèdes du Malade Imaginaire.

En principe non, la tragédie ne peut pas si l'on suit Aristote, car la tragédie porte sur des actions nobles tandis que la comédie porte sur ce qui est laid, c'est seulement certains auteurs qui
ont détournés ces distinctions, ainsi on a le drame romantique et on a Shakespeare. Que Racine ait changé certaines passions, ce n'est pas si différent de ce que fait Molière, quand il introduit
dans Don Juan la critique des faux dévôts, chacun réutilise à son gré des matériaux anciens, c'est ce qui fait leurs génies, car s'ils s'étaient contentés d'adapter à leur époque de vieilles
pièces, on ne serait pas souvenu d'eux.


petite etoile sadique 26/02/2010 12:09


Quand je disais que ça ferait plaisir à Cachou c'était ironique. ^^
Sinon, je ne sentais pas cet écart des règles Chez Racine et compagnie autant que chez Molière. Après, il est sûr qu'il devait suivre une sorte de mode pour avoir du public comme tous les artistes.


The Bursar 26/02/2010 12:32


C'est justement ce que je soulignais, moi j'avais fait l'effort de ne pas être ironique.

l'écart de Molière se sent parce qu'il écrit en prose, mais après ça dépend des pièces, car c'est surtout le Don Juan qui s'écarte. Après ce n'est pas évident de les comparer vu que Molière écrit
surtout des comédies et Racine des tragédies, c'est pas le même registre, car la tragédie ne se prête pas à la critique des moeurs.


Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
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Interesting Time p.19
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Le Huitième Sortilège p.87
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La huitième Couleur p.91
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
*****
'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
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'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
*****
"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
*****
"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

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