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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 16:25
L-avare.jpgAujourd'hui nous allons parler de l'Avare de Molière(et on ne se plaint pas dans le fond de la salle), pièce que j'ai lu vers minuit dans le cadre du RAT et que je ne crois pas que j'aurais lu sans le RAT vu que je m'attendais à une comédie un peu lourde comme les Fourberies de Scapin. Mais en fait non, je suis contente de mon choix, cette pièce m'a plût certainement plus que les Précieuses ridicules.

Harpagon est un homme riche mais qui n'en a pas les apparences car c'est un avare, il a donc recourt à toutes sortes d'expédient pour protéger sa fortune, comme l'usure, et ses enfants souffrent fortement de son avarice, car la seule chose qu'il aime vraiment c'est sa cassette qui est enterrée dans le jardin. Sa fille, Elise, est amoureuse de Valère, qui s'est déguisé en domestique pour pouvoir l'approcher tandis que son frère Cléante est amoureux de Mariane, une jeune femme pauvre, mais tous deux voient leurs espoirs de bonheur conjugal réduit à néant quand leur père leur annonce ses propres de mariage : il veut marier Elise au riche seigneur Anselme, son fils à une veuve ayant du bien tandis que lui-même épousera Mariane.

Comme pour l'école des femmes, on a un homme âgé qui jette son dévolu sur une jeune femme qui n'a pas envie de l'épouser mais qui n'est pas libre de refuser à cause de sa situation mais la fin verra le triomphe de la jeunesse par une incroyable révélation sur l'origine de la jeune fille en question qui lui donne ainsi la possibilité d'épouser qui elle souhaite, tandis que l'union entre un homme âgé et une jeune femme est repoussée parce que c'est quelque chose qui s'oppose trop au sentiment naturel, ce qui rejoint un peu le Phèdre où il est déjà posé le fait que les semblables s'attirent et que les jeunes sont fait pour être ensemble.
Mais la structure a aussi des ressemblances avec le Malade imaginaire puisque on a l'opposition entre les projets du père et ceux des enfants, avec la même scène de quiproquo dans l'annonce des projets d'Harpagon, dans les deux pièces, nous avons le problème des intérêts égoïstes du père face à l'amour, et le problème du fondement d'un mariage, où pour Molière l'amour compte davantage que les considérations matérielles.

J'ai trouvé la pièce très intéressante dans la manière dont elle peint la passion de l'avare, qui m'a fait pensé à un chapitre de Bachelard, dans la formation de l'esprit scientifique où il est question d'une érotisation de l'objet de la recherche, ce qui apparaît dans une des dernières scènes, où Valère parle de sa passion pour Elise, tandis que Harpagon croit qu'il parle de sa cassette, ce qui est assez drôle, car on voit le vocabulaire amoureux appliqué à une cassette sans qu'Harpagon se rende compte qu'il est impossible qu'un tel objet puisse être l'objet d'une pareille passion.
Sur le décalage des désirs de l'avare et la manière dont il projette son désir sur autrui, j'ai relevé sur ce thème, ce passage :

"Va-t-en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe et à faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler."


Harpagon est en train d'accuser  le valet de son fils de le voler, mais il est intéressant de voir que pour Harpagon, le fait même de regarder n'est pas un acte gratuit et que dans ce regard sur ce qu'il possède, il y a déjà une forme de prise de possession, le regard devient menace, pour Harpagon tout est motivé par le profit et la possession.

C'est une pièce intéressante et qui est par moment assez drôle, où l'Avarice est dépeinte avec précision, Harpagon étant un tyran domestique, qui n'a rien pour le sauver, contrairement au Malade imaginaire, qui est un peu touchant par sa peur de la mort et la manière dont il est la proie des autres, alors que l'Avare ne cède rien et est prêt à tout pour exploiter les autres.

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Published by The Bursar - dans Life is a stage
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commentaires

choupynette 27/02/2010 20:27


En effet, un alcoolique au vin mauvais... pouah! :P


The Bursar 27/02/2010 21:14


ça devait la physiologie de l'acteur en plus de son jeu qui donnait cette impression. j'ai toujours eu l'impression qu'Alceste  avait un style austère.


choupynette 26/02/2010 21:32


oui en effet!! :) quel passage!
je crois que c'est l'une des pièces qui m'a fait le plus rire... je n'ai jamais vu Molière au théatre. j'ai par contre visionné Don Juam (avec Picoli) et évidemment l'avare avec De Funès.


The Bursar 26/02/2010 21:39


Je n'ai vu aucun de ses deux films, juste le Don giovanni de Mozart en film. J'ai vu un certain nombre de pièces au théâtre. Celle qui m'a le plus déçue étant le misanthrope joué par la comédie
française, car je n'ai pas du tout aimé la manière dont était joué Alceste que j'imagine comme quelqu'un de très digne, alors que là niveau caractère, on aurait pu le croire alcoolique avec le vin
mauvais.


choupynette 26/02/2010 20:40


J'adore Molière. depuis le collège (une pièce étudiée chaque année ça aide! ;))
Je n'ai pas l'u l'école des femmes que tu chroniques plus haut, masi l'avare est une de mes pièces préférées.


The Bursar 26/02/2010 21:21


Je n'ai pas énormément étudié Molière, j'ai fait les Fourberies de Scapin et Don Juan, les autres que j'ai lu je les ai étudié par moi-même. J'avais vu George Dandin au théâtre que je n'avais pas
aimé du coup ça m'avait laissé un apriori négatif sur son oeuvre.

Dans l'avare, j'ai particulièrement aimé quand Valère vient faire sa demande en mariage tandis qu'Harpagon croit qu'il parle de sa cassette.


petite etoile sadique 24/02/2010 11:42


Effectivement. Ca ne la rend que plus désirable à la lecture. ^^


The Bursar 24/02/2010 13:53


J'aime bien, même si entre les jeux de mots et les différents éléments liés à la vie athénienne, c'est pas toujours aussi facile à suivre qu'un texte actuel.


petite etoile sadique 23/02/2010 17:05


Effectivement Le Tartuffe est plus une affaire de critiques des moeurs et des attitudes hypocrites de lépoque. D'où les problèmes pour l'auteur par la suite. Mais là concernant la défense de
position vous allez trop loin les filles. :D Ma culture ne s'étend pas jusqu'à Aristophane. ^^


The Bursar 23/02/2010 17:31


Désolé, Aristophane est très sympa et cruel, ainsi on a une pièce qui tourne en ridicule Euripide qui envoie son cousin travesti en femme dans une fête sacrée réservée au femme, puis est obligée
d'aller à sa rescousse et se met à jouer des morceaux de ses pièces pour essayer de détourner l'attention. La comédie au Vème siècle avant JC était assez différente de ce dont on a l'habitude.


Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
*****
Interesting Time p.19
*****
Le Huitième Sortilège p.87
*****
La huitième Couleur p.91
*****
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
*****
'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
*****
'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
*****
"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
*****
"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

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