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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 23:12
Voilà je viens de finir de lire Persuasion de Jane Austen et je tente d'écrire ce billet tout en conversant avec une camarade capétienne qui va mourir d'une descartite aïgue et qui est à la recherche d'un super descartes pour venir vaincre le dualisme de son mini-mémoire ou alors de quelqu'un qui sait faire tourner les tables histoire de rentrer en contact avec l'auteur lui-même, sur cet appel à la charité internationale, j'en reviens à notre livre.

J'ai bien aimé, c'est une belle histoire, les personnages ont leur petit travers, comme Mary qui se plaint pour un rien, qui fait une montagne de tout ou Sir William et ses idées sur ce qui est dû à un baron.
L'histoire est très simple, Anne Elliot, huit ans plus tôt, était amoureuse de Mr Wentworth, un marin, et elle avait accepté sa demande en mariage mais sa bonne amie Lady Russell l'a convaincu de revenir sur sa décision, d'autant que le jeune homme n'était pas considéré par SIr William comme suffisamment riche ou titré pour prétendre à la main de sa fille. Huit ans ont passé, Anne est toujours célibataire et le goût de Sir William et d'Elisabeth, l'aînée, pour les apparences et un certain train de vie font que la famille rencontre quelques difficultés financières qui obligent Sir William à louer le manoir familial et aller s'installer à Bath. Le manoir est loué par les Croft dont il se trouve que Mrs Croft est la soeur du fameux jeune homme éconduit qui est désormais capitaine. Après toutes ces années, Anne va enfin revoir l'amour de sa vie mais le Capitaine Wentworth partage-t-il toujours ses sentiments ou faut-il se résoudre à le voir marié avec une autre ?

J'ai poussé un petit cri de joie au moment du dénouement, il était tellement attendu. J'aime beaucoup le capitaine Wenthworth mais le colonel Brandon a toujours ma préférence, je crois que j'ai vraiment été marqué par le moment où David Morrissey part à la recherche de Marianne et il est si émouvant par le fait qu'il se sait trop vieux pour Marianne et qu'il est obligé d'endurer la concurrence de Willoughby sans rien faire.
Persuasion est un livre assez gai, car on n'a pas trop longtemps à supporter Sir William et Elisabeth, et la société d'Uppercross est très plaisante. Ce qui est interessant aussi c'est qu'on a une héroïne beaucoup plus âgée, il ne s'agit plus des premiers embrasements d'une jeune fille mais d'une femme mâture, donc une nouvelle fois Jane Austen arrive à nous divertir sans qu'on ait la moindre impression de déjà vu, c'est un peu comme Rocky, c'est-à-dire qu'on sait le dénouement dès le début mais ce qui intéresse le plus ce sont les chemins empruntés pour y parvenir, les obstacles à surmonter, comment un même sujet va pouvoir nous apporter de la nouveauté.

Le peu d'intérêt pour la fin se remarque dans la manière même dont Jane Austen traite la fin de ses ouvrages, une fois que les amoureux se sont avoués leur sentiment mutuel, il n'y a plus grand chose à dire, tout le reste n'est que point de détail, pour la raison que, pour Austen, rien n'est impossible pour deux jeunes gens qui s'aiment. La rapidité de ses fins est très agréable pour cela, le lecteur est libre d'imaginer ce qu'il veut, Austen n'impose pas une conception du bonheur à ses lecteurs, chacun peut continuer à rêver, car c'est une faute que l'on rencontre dans Harry Potter, Rowling était si occupée à empêcher que l'on écrive une suite qu'elle a du coup brisé toutes possibilités pour le lecteur de rêver, elle a imposé une idée du bonheur qui quand il ne correspond pas à ce que le lecteur a imaginé, ne peut que briser son plaisir. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'on assiste très peu aux demandes en mariage ou au moment où l'héroïne donne sa réponse, en général, c'est l'auteur qui nous raconte de manière élliptique la chose mais elle nous donne rarement les mots employés pour formuler cette demande ou réponse.
Voilà j'ai donc à présent lu les 6 romans achevés d'Austen. Sur les 6, il faudrait que je relise Pride & Prejudice mais je me le réserve pour plus tard, c'est une charmante perspective.

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commentaires

Raphaël Zacharie de IZARRA 10/09/2010 00:35



 


LES VIEILLES FILLES


 


J'aime les vieilles filles. Et lorsqu'elles sont laides, c'est encore mieux.


 


Les vieilles filles laides, acariâtre, bigotes ont les charmes baroques et amers des bières irlandaises. Ces amantes sauvages sont des crabes difficiles à consommer : il faut savoir se frayer un
chemin âpre et divin entre leurs pinces osseuses. Quand les vieilles filles sourient, elles grimacent. Quand elles prient, elles blasphèment. Quand elles aiment, elles maudissent. Leurs plaisirs
sont une soupe vengeresse qui les maintient en vie. Elles raffolent de leur potage de fiel et d'épines. Tantôt glacé, tantôt brûlant, elles avalent d'un trait leur bol de passions fermentées. Les
vieilles filles sont perverses. C'est leur jardin secret à elles, bien que nul n'ignore leurs vices.


 


Les vieilles filles sont des amantes recherchées : les esthètes savent apprécier ces sorcières d'alcôve. Comme des champignons vénéneux, elles anesthésient les coeurs, enchantent les pensées,
remuent les âmes, troublent les sangs. Leur poison est un régal pour le sybarite.


 


L'hypocrisie, c'est leur vertu. La médisance leur tient lieu de bénédiction. La méchanceté est leur coquetterie. Le mensonge, c'est leur parole donnée. Elles ne rateraient pour rien au monde une
messe, leur cher curé étant leur pire ennemi. Le Diable n'est jamais loin d'elles, qui prend les traits de leur jolie voisine de palier, du simple passant ou de l'authentique Vertu (celle qui les
effraie tant). Elles épient le monde derrière leurs petits carreaux impeccablement lustrés. Elles adorent les enfants, se délectant à l'idée d'étouffer leurs rires. Mais surtout, elles ne
résistent pas à leur péché mignon : faire la conversation avec les belles femmes. Vengeance subtile que de s'afficher en flatteuses compagnies tout en se sachant fielleuses, sèches, austères...
C'est qu'elles portent le chignon comme une couronne : là éclate leur orgueil de frustrées.


 


Oui, j'aime les vieilles filles laides et méchantes. A l'opposé des belles femmes heureuses et épanouies, les vieilles filles laides et méchantes portent en elles des rêves désespérés, et leurs
cauchemars ressemblent à des cris de chouette dans la nuit. Trésors dérisoires et magnifiques, à la mesure de leur infinie détresse. Contrairement aux femmes belles et heureuses, elles ont bien
plus de raisons de m'aimer et de me haïr, de m'adorer et de me maudire, de lire et de relire ces mots en forme d'hommage, inlassablement, désespérément, infiniment.


 


Raphaël Zacharie de IZARRA



The Bursar 19/09/2010 21:10



Intéressant point de vue, bien que peu en rapport avec l'héroïne de Jane Austen.



Jana 14/06/2010 23:05



Bonjour,


Je découvre ton message très très tardivement (plus d'un an après sa publication), mais je n'ai découvert ton blog que très récemment (grâce au challenge de la terre du milieu en fait). Donc, je
rattrappe le retard en le dévorant intégralement. Bref, tout ça pour dire que je partage ton avis sur Persuasion. C'est également l'un de mes romans préférés pour l'espoir qu'il porte. Même à 28
ans, même après avoir brisé le coeur du capitaine, Anne a une seconde chance et peut enfin être heureuse, elle qui le mérite le plus ! !



The Bursar 14/06/2010 23:40



ça ne me gêne pas, j'aime bien discuter de mes anciens billets. C'est assez courageux d'essayer de le dévorer.


 


Le plus beau c'est qu'elle l'ait attendu plutôt que de faire un mariage avantageux qui aurait plût à sa famille. Elle l'a attendu alors qu'elle n'avait aucun espoir de le revoir un jour.



keisha 22/04/2009 09:17

Persuasion et ses personnages sont très favoris chez les austenmaniaques, on comprend pourquoi. Bon, l'héroïne n'a que 26 ou 27 ans, ce qui est bien plus jeune que l'age moyen aujourd'hui pour avoir un premier bebe. Les temps changent! Dans les années 1970 ne pas être marié à 24 ans était inquiétant, et pourtant c'est loin de Jane Austen! De plus, pas trop de pilule, et bébé=mariage en vitesse!

The Bursar 22/04/2009 16:33


et l'autre aspect étant, "jamais avant le mariage" on comprend l'empressement dans ce cas pour se trouver un mari, c'est sûr ça concerne plus les femmes, puisque le jeune homme de bonne famille a
dû mettre les pieds dans un bordel ou trouver une servante amicale auparavant, car il faut bien s'entraîner, bien que sur ce point je ne sais pas si c"tait la même chose en angleterre.
Je préfère les personnages de sense & sensibility, Fanny m'amuse beaucoup ansi que ssir John.


Citations : Terry Pratchett

Interesting time, p.43
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Interesting Time p.19
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Le Huitième Sortilège p.87
*****
La huitième Couleur p.91
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Apes had it worked out. No ape would philosophize, "The mountains is, and is not." They would think, 'The banana is. I will eat the banana. There is no banana. I want another banana."
Unseen Academicals p.76
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'I would like permission to fetch a note from my mother, sir.'
Ridcully sighed. 'Rincewind, you once informed me, to my everlasting puzzlement, that you never knew your mother because she ran away before you were born. Distincly remember writing it down in my diary. Would you like another try ?'
'Permission to go and find my mother ?'
Unseen Academicals,  p.187
*****
'The knees should be covered. It is a well-known fact that a glimpse of the male knee can drive women into a frenzy of libidinousness.'
Unseen Academiacls, p.130
*****
"Lord Vetinari's rules : if it takes an Igor to bring you back, you were dead. Briefly dead, it's true, which is why the murderer will be briefly hanged. A quarter of a second usually does it."
Unseen Academicals, p. 98
*****
"I'm a wizard ! We can see things that are really there, you know,"said Ridcully. " And in the case of the Bursar, things that aren't there too."
Hogfather, p 98

Perdu Dans La Vallée ?

Malakos is here too !!!

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Bienvenue au sein de la vallée des grenouilles séchées,  blog d'une prof de lettres classiques fan de Star Trek et de Terry Pratchett.
Vous trouverez ici mes impressions sur des ouvrages que j'ai lu, des films qui ont retenu mon attention et parfois des séries.
 
Sur ce, je vous souhaite une bonne navigation mais méfiez-vous d'une chose, j'ai une tendance à m'adresser plus à ceux qui ont lu ou vu ce dont je parle, donc quand ce n'est pas votre cas, évitez de continuer votre lecture quand vous atteignez le paragraphe commençant par "dans le détail" ou voici la partie spoiler mais dans la plupart des cas, les spoilers sont en surlignés.

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De mon côté, je vais faire le challenge Valar !

 

Jusqu'ici j'ai peu avancé.

J'ai lu :

The Hobbit

Le Silmarillion

The Fellowship of the Ring

The Two Towers

 

L'adieu au Roi, chansons pour J.R.R. Tolkien

Beowulf

 

 

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